“ Quant à cette appellation à d’Adorateurs du Feu qui persiste aussi bien pour les Guèbres de Perse que pour les Parsis de Bombay, elle est absolument inexacte. Le Feu n’est considéré que comme un symbole, le plus pur, le plus noble emblème de la divinité, de la vertu et de la moralité. ”
Citations sur “Guebres”
Léon Lafaye, Question d'Afrique, au mois de décembre 1843… (1843)
“ On laisse les guêpes dans le guêpier; mais si les guêpes sortent de leur ruche pour nous piquer, nous meurtrir, on les poursuit, on les écrase. — N'est-ce pas là justement ce que fait notre armée ? N'est-ce pas une guerre loyale ? ”
Charles Des Guerrois, Notes épiques (1894)
“ Le pied de son cheval ne meut pas un brin d'herbe. V Sous les rais du soleil que l'acier fait tremblants, Les canons des fusils jettent des feux sanglants. Du colonel soudain la parole s'élève, Grande pour la terreur : — C'est le Commandant Sève : VI Chargez ! — Il les défie, — avec frémissement, Ils chargent — préparez armes — plus lentement. Ils obéissent. — Feu ! VII Le meurtrier se change En ami tout d'un coup ; ce qui remuait fange Soudain fleurit amour, le héros est vainqueur Et dans les assassins sent palpiter le cœur ”
Jules Barbey d’Aurevilly,
Le chevalier Des Touches
“ Partout, dans le hallier, dans l’embuscade, au combat, lorsqu’il fallait jouer de la carabine ou s’estafiler corps à corps avec le couteau, c’était un des chouans les plus redoutables, l’effroi des Bleus, qu’il étonnait toujours, en les épouvantant, quand, dans une affaire, il déployait tout à coup, à travers ses formes sveltes et élégantes, la force terrassante du taureau ! C’est la guêpe ! disaient-ils, les Bleus, en reconnaissant dans la fumée des rencontres cette taille fine et cambrée, comme celle d’une femme en corset : Tirez à la guêpe ! ”
Jean Humbert, Nouveau Glossaire Genevois, tome 1…
“ Faire une action de gueux, se conduire mal, faire une gueuserie. Priver cette petite fille de son bal, c'est gueuser, c'est coquiner, c'est être par trop sévère et méchant. En français, «Gueuser» signifie: Mendier.GUEUSERIE, s. f. Tour malin, méchanceté, action coupable. Sevrer un enfant de quatre mois, c'est une gueuserie.GUICHE, s. f. Jambe. Tirer la guiche, traîner la guiche. Après douze heures de marche, le sac au dos, on commence joliment à tirer la guiche.GUIDE, s. f. Terme des campagnards. Digue. Élever des guides contre le torrent. ”
Charles Des Guerrois, Notes épiques (1894)
“ Sire roi, c'est fini, la bataille est perdue, La bannière de France aux Anglais est rendue. — Donc, mes vrais chevaliers, je vous prie et requiers, Au nom du bon Valois Philippe que je sers, Que me meniez si fort avant dans la bataille, Que je puisse frapper d'épée, estoc ou taille. Ils sont ses chevaliers, ils sont obéissants ; Sire, au milieu des flots, au milieu des brisants Nous irons avec vous ; ou gagnée ou perdue, Nous suivons avec vous la mêlée où l'on tue. Oh ! les hommes sans peur, oh ! les vrais chevaliers ! ”
Émile Reibell, Le commandant Lamy, d'après sa correspondance et ses souvenirs de campagne… (1903)
“ Un combat contre un ennemi un peu dense, n'est pas ce que je redoute pour vous. Vous mèneriez cela gaiement; mais on se préserve plus difficilement des guêpes que des lions, et quand on est poursuivi par des guêpes pendant cinq minutes seulement, on trouve le temps fort long. Ce que vous allez entreprendre là, c'est une opération de guerre, avec les soldats et le drapeau de la France. Quelle est au juste votre situation ? C'est bien vous qui la commandez. Cela ne ressort pas des papiers que vous m'avez communiqués. Vos camarades de l'armée sont en droit de vous le demander. ”
Albert Duruy,
Revue des Deux Mondes
“ Dans cet état même, que nous appelons militaire, parce que son roi est un guerrier habile, écrivait Guibert au retour d’un long voyage d’étude en Allemagne, dans cet état qui s’est agrandi par les armes, qui n’existe et ne peut se flatter de conserver ses conquêtes que par elles, les troupes n’y sont pas plus vigoureusement constituées qu’ailleurs ; elles n’y sont point citoyennes, elles y sont, plus qu’en aucun pays, un assemblage de stipendiaires, de vagabonds, d’étrangers, que l’inconstance ou la nécessité amène sous les drapeaux et que la discipline y retient. ”
Jules Barbey d’Aurevilly,
Le chevalier Des Touches
(1888)
“ Je le regardais pendant qu'il parlait, et jamais, avec sa taille étreinte dans la ceinture de sa jaquette de pilote, il n'avait été plus l'homme de son nom de guerre, la Guêpe; la guêpe qui tirait son dard et qui veut du sang! Il me rappelait aussi ces lions passant de blason, au râble étroit et nerveux comme celui des plus fines panthères, et onglé, à ce qu'il semble, pour tout déchirer. ”
Charles Des Guerrois, Notes épiques (1894)
“ Du clos part une flamme, La haie illuminée envoie un coup de feu. Dans le chemin creusé tombe un soldat, un bleu. Le hibou de la mort niche dans chaque haie, La chouette au cri strident est dans chaque oseraie. Républicains, serrons le rang, Le chemin creux a bu du sang. Desaix Gentilhomme, il est grand comme nos plébéiens, Comme Hoche et Kléber, France, tes grands soutiens. Gentilhomme, il avait l'àme d'un gentilhomme ; Dans ce cœur généreux la France imitait Rome, Elle-même plutôt, grand modèle immortel, Allumant dès hier un clair feu sur l'autel. ”
Alex. Dumas, Revue des Deux Mondes
“ Mais, privés de leur cavalerie, les Guelfes ne pouvaient tenir, puisque tous ceux qui étaient restés sur le champ de bataille étaient, comme nous l’avons dit, des gens du peuple qui, armés au hasard de fourches et de hallebardes, n’avaient à opposer à la longue lance et à l’épée à deux mains des cavaliers, que des boucliers de bois, des cuirasses de buffle, ou des justaucorps matelassés. Les hommes et les chevaux bardés de fer entraient donc facilement dans ces masses, et y faisaient des trouées profondes ”
Albert Duruy,
Revue des Deux Mondes
“ Dans toute son œuvre, on ne vit que les coups de plat de sabre [43] ; il paya pour Saint-Germain, qui les avait inventés, lui qui avait essayé d’en corriger l’abus. Alors, une grande amertume, un dégoût de vivre s’empara de Guibert ; il prit une dernière fois la plume pour venger, en quelques pages d’une fière allure, le conseil dont il avait été l’âme, puis il ferma les yeux et s’éteignit. IV. — LA TACTIQUE. La guerre de sept ans avait eu pour la tactique les mêmes conséquences que pour l’artillerie. ”
Charles Des Guerrois, Notes épiques (1894)
“ Le trait vole en avant du regard qui s'enflamme, Trait rapide, acéré, jaillissement de l'âme. Chacun veut que ce trait, vigoureux et roidi Dardé sur l'assaillant, le rejette étourdi ; Chacun veut que le fer de la pique abaissée Fouille de l'ennemi la gorge transpercée. Faire fumer le sang, ô patrie, à ton seuil, Même des plus petits est la joie et l'orgueil. Un d'eux, presque un enfant, jette, embrassant sa mère, Dans ses adieux ce mot d'expression amère: O mère, mon épée est courte. ”
Charles Des Guerrois, Notes épiques (1894)
“ Point d'esclaves ici : les hommes libres seuls Ont le droit d'approcher les glorieux linceuls ; Car ces hommes sont morts libres, pour rester libres ; L'esclave fait frémir leurs généreuses fibres, Le sang libre en révolte exile l'autre sang. Aux rangs libras après, l'archonte prend son rang. L'archonte en d'autres temps ne porte point l'épée, Il marche sans le glaive, ou sa tête est frappée. De l'épée à ce jour l'archonte marche ceint, Les morts le font guerrier autant qu'ils le font saint. ”
Théophile Gautier,
Tableaux de Siége
“ Il faudra une bataille pour enlever chaque pouce de terre. En attendant l’assaut, les gardes nationaux, les mobiles, les francs-tireurs ont l’oreille et l’œil au guet ; ni le vent, ni la pluie, ni la boue, qui leur met des guêtres jaunes aux pieds, n’altèrent leur bonne humeur. ”
Edmond Rousse,
Discours, plaidoyers et oeuvres diverses de M. Edmond Rousse…
(1884)
“ En 1837, à Guelma, où d'héroïques souffrances ont été supportées par des hommes de fer, sous les ordres de l'intrépide Duvivier, mort depuis dans une autre guerre de sauvages, et du brave commandant Pâté, Ramoger, seul avec un convoi, se jette dans le camp. Un jour, la colonne, entourée par une nuée d'ennemis, se décide à une sortie désespérée. A l'odeur de la poudre, son jeune sang de vieux soldat lui remonte au coeur : au plus fort de la mêlée il voit un drapeau, il court, il le tient; mais il chancelle... une balle l'a frappé en pleine poitrine et le traverse de part en part. ”
Ouvrage par souscription dédié à la jeunesse Algérienne… (1890)
“ La population de Guelma et le petit nombre de soldats composant la garnison vous acclament de leur sympathie et vous font une fête, en vous recevant. Soyez les bienvenus, car, hier citoyens, aujourd'hui soldats, votre marche annonce une mission, celle qui fait connaître que la Patrie est en danger. Restons donc pénétrés de ce sentiment et que l'union, l'entente et un accord parfaits soient parmi nous. Avec ces trois choses, les peuples sont forts et parfois invincibles. ”
Charles Des Guerrois, Notes épiques (1894)
“ La source de mes blés en la Flandre est tarie. Se serrer est la loi. — Le soldat n'y mord pas ; Vous lui désapprendrez avant peu les combats. De sa rive de Meuse Orange vous regarde. A ce renard qui va de côté, Luxembourg, prenez garde : Gare les déserteurs ! Gare les déserteurs, Maréchal, les pains ronds sont de grands séducteurs ; Même durs et moisis, ils ont d'extrêmes charmes Et donnent double poids, double puissance aux armes. Mettre, sans trop donner, le grapin sur Namur, Passer ces grands fossés, couronner ce haut mur, Même quand on est roi n'est pas petite affaire ”
Charles Des Guerrois, Notes épiques (1894)
“ La France, du matin au soir est désarmée. XIII Désarmée ! oh ! vraiment non ; féconde en soldats Est cette bonne terre et qui ne tremble pas ; Elles viennent Beauvais et Rouen, vos communes, Bataillons drus et forts, les terres en sont brunes. Elles ne savent rien du malheur, de Crécy, Elles ont le courage et n'ont point le souci : Cœur généreux et point usé de notre France, Elles viennent, portant la flamme, l'espérance. XIV Trop tard pour la bataille et trop tôt pour la mort, Les Anglais en plein drap taillent là sans effort ; La hache ne s'épargne et la mort prend ses aises. ”
Howard Douglas, Traité d'artillerie navale , par le général sir Howard Douglas… (1826)
“ Il ventait bon frais du nord. Lorsque les bâtimens s'aperçurent, la Guerrière était sous le vent, courant au plus près, tribord amures, ayant l'ennemi par son travers, au vent, gouvernant au S. S. O. La Guerrière commença le feu la première. Ses boulets, dit-on , n'arrivaient pas jusqu'à, l'ennemi (1) . La Constitution lui riposta bientôt après et continua de tirer de temps en temps, à mesure qu'elle arrivait sur notre frégate. ”
Louis-François Raban, Justine, ou Les malheurs de la vertu
“ Mais, quant aux hommes, c’est autre chose ; ils prétendent que, pour être soldats vingt-quatre heures, il leur faut des fusils toute l’année : or nous n’avons que six fusils pour deux cents hommes. — Qu’importe ? dit Guibard ; dans les grandes occasions, il ne faut prendre conseil que de son courage, et c’est ce que je fais en ce moment. Armez votre monde de faux, de fourches et de fléaux ; surtout faites-leur comprendre que le gouvernement est pour eux, et qu’ils ne courent pas le moindre danger. ”
Joseph Damase Chartrand, Expéditions autour de ma tente…
“ Il est vrai aussi de croire qu'à trois heures du matin, par un temps froid et humide, quelques difficultés se présentent bien pour chausser les guêtres, au moment d'un départ précipité.Et puis, à l'alerte, le soldat pourrait être plus prompt à courir aux armes, si la guêtre n'existait pas.Oui, tout cela est réel, mais peu poétique. Et je soupçonne ces graves pensées d'être froides et peu faites pour exalter l'imagination.Cependant, aucune comparaison ne peut être posée entre les guêtres de toile et les guêtres de cuir. ”
Charles Des Guerrois, Notes épiques (1894)
“ Or, puisque celui-ci veille, l'esprit léger, Buvons à plein cyathe et narguons tout danger. L''Épée avant la Bataille Le pas des ennemis résonne sur la terre. A les sentir si près, le gai devient l'austère, Le grave devient fort, l'homme naît de l'enfant : Par dessus tous est beau le pays qu'on défend. Toute poitrine au fer s'expose découverte, Et le sang va couler rouge sur l'herbe verte, Ils partent, les guerriers, les jeunes et les vieux. ”
Charles Des Guerrois, Notes épiques (1894)
“ Mais les cordes des arcs, humides, sont revêches, Les flèches volant mal tombent avant le but. Génois, mettez les arcs et flèches au rebut. Des flèches il se rit, l'Anglais, des hallebardes, Des chevaux sous le fer ; il a, lui, ses bombardes, Comme grêle en janvier il fait pleuvoir le fer : Est-il diable venu des royaumes d'enfer ? Comme éclairs en ses mains étincellent les mèches. Les Génois n'y vont pas de bon cœur sans les flèches, Sans les arcs de cormier, robustes compagnons, Mais qui ne savent pas répliquer aux canons. ”
Théophile Gautier,
Nouvelles de Théophile Gautier
(1852)
“ Sa robe en désordre, à peine rattachée à son épaule, laissait voir ses bras nus, sa poitrine et le commencement de sa gorge d'une blancheur morte. Comme un guerrier vaincu dans un premier combat, sa pudeur avait rais bas les armes. A quoi lui eussent servi les draperies qui dérobent les formes, les tuniques aux plis précieusement fermés? Gygès ne la connaissait-il pas? Pourquoi défendre ce qui est perdu d'avance? ”
Claire Guermante, Robert ou Le souvenir d'une mère… (1853)
“ La vue de ces hordes de soldats ennemis qui avaient établi leurs bivouacs autour de la capitale, et qui souillaient le sol de la patrie, le mettait hors de lui et lui causait des transports de fureur. Ces uniformes détestés, anglais, prussiens, russes, autrichiens, lui donnaient des vertiges ; il se croyait un instant le jouet d'un horrible rêve; l'aspect insolent des vainqueurs le ramenait forcément à cette affreuse réalité, que l'Empereur n'était plus là pour les effrayer de sa présence rédoutée et les expulser honteusement. ”
Arthur-Léon Imbert de Saint-Amand, La captivité de la duchesse de Berry… (1890)
“ M. Guibourg a écrit dans sa relation : « La plume ne saurait rendre les émotions qui auraient brisé tout ce qui porte un coeur d'homme. Ces anciens soldats de la garde tremblaient pour la première fois en pressant la main de celle qui les aimait tant. Ah ! c'étaient des serviteurs fidèles, et il a fallu de grandes catastrophes pour que Son Altesse Royale soit devenue leur prisonnière. Hommes généreux! jouissez du témoignage de votre conscience. Votre main ne s'est jamais souillée du sang d'un ennemi désarmé, et vous n'êtes pas de ceux qui sont devenus des assassins dans ces malheureux temps. » ”
Édouard Siebecker,
Poésies d'un vaincu : Noëls alsaciens-lorrains…
(1882)
“ Les Guerriers. C'est le chant du Guerrier! Les vautours et les loups, ce soir, feront ripaille. LE BARDIT DE TOLBIAC. 229 S'unissent en accords, au fort de la bataille, Le râle des mourants et le cri de l'acier ! Quand s'élancent les Francs, rayonne la Victoire ! Et le sang sur nos fers fera germer la Gloire : C'est le chant du Guerrier ! ”
Léonce Dupont,
Souvenirs de Versailles pendant la Commune
(1881)
“ On y mange des gaufres délicieuses, retirées brûlantes et parfumées des moules où elles se confectionnent. On est tranquille sur l'armée; personne ne doute qu'elle ne finisse par triompher de l'insurrection. ”
Théophile Gautier,
Quand on voyage
“ Guelfes et gibelins se détestaient si violemment, qu’ils écrivaient partout leur opinion dans leurs vêtements, dans leur coupe de cheveux, dans leurs armes, dans leur manière de se fortifier : ils ne craignaient rien tant que d’être pris les uns pour les autres et se différenciaient autant qu’ils le pouvaient ”
Paul Lintier,
Ma pièce
(1916)
“ Nous atteignons la lisière des bois de Guéville que défendent des fantassins du 102e. Des armes, des effets jonchent toujours le chemin. La chaussée a été éventrée par l’artillerie et les convois. Les blessés, sur nos caissons qui les cahotent, ont des visages de crucifiés. ”
Rudyard Kipling,
Nouveaux contes choisis
(1918)
“ Bon Dieu ! dit le général de brigade, assis sur son rocher et qui dominait tout. Ce régiment a tout gâté. Faites vite avancer les autres, et que les canons se mettent en marche. Mais les canons démontables, en tournant les hauteurs, étaient tombés sur un nid de guêpes de petit fortin de boue qu'ils bombardèrent incontinent à huit cents mètres, au plus grand déplaisir des occupants, peu accoutumés à des armes d'une précision si diabolique. ”
Emile Morel, Les Gueules Noires (1907)
“ Sans révolte, elle suit la direction que la forcent à prendre toutes ces voix, qui de l’ombre, durement la repoussent.Une grille; derrière cette grille, une compagnie d’infanterie, l’arme au pied. En deçà, trois rangs successifs de gendarmes à cheval, botte contre botte, immobiles, silencieux et sombres. Et devant ceux-ci, depuis les poitrails frémissants de leurs chevaux, s’étend une grande masse noire, mouvante, d’où monte une rumeur qui ondoie selon le vent et que parfois domine un cri aigu. ”
