Georges Goyau,
Revue des Deux Mondes
“ N’en déplût à ce naïf précurseur de l’Alldeutschland et à son hypocondre confrère de Mayence, l’ouvrage de Guibert de Nogent sur la croisade l’avait, en son titre même, expressément définie : Gesta Dei per Francos, les gestes de Dieu par les Francs. L’âme de ce moine sut enfermer en quatre mots l’âme d’une époque et d’une race. Le monastère de Nogent-les-Vierges, où il vivait, s’asseyait entre Soissons et Laon, sur une petite rivière à laquelle la Grande Guerre a fait un nom : l’Ailette. Un peu au Sud-Est, à Reims, la France avait reçu le baptême. ”
