Résumé

Portrait de Albert Duruy Albert Duruy Revue des Deux Mondes

Où l’honneur parle, on n’écoute plus la loi; où la conscience commande, c’est à son commandement seul qu’il faut obéir.
La convention, malheureusement, ne sentit pas cela. Ce que les grenadiers d’Humbert avaient si bien compris, d’instinct, dans l’ardeur même de la victoire, rien qu’au battement de leur poitrine, cette douceur et cette pitié qui leur étaient montées du cœur aux lèvres en voyant des malheureux, des Français, comme eux, désespérés, impuissans, réduits aux abois, cette idée si simple, enfin, l’idée de pardonner, ne lui vint pas.
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Pour l’historien qui vit dans le passé, pour le lettré qui en a recueilli l’héritage et qui le transmettra, la patrie représente quelque chose de très réel et de très concret. C’est la mise en commun des souvenirs, des traditions, des légendes, des douleurs et des espérances qui constituent la vie morale d’un peuple. C’est le je ne sais quoi qui fait que, malgré leurs divisions et leurs querelles intestines, à tel jour, à telle heure solennelle, un même cœur bat dans la poitrine de trente-six millions d’hommes, qu’un même souffle les anime, qu’une même secousse les ébranle et les électrise.
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Un peu vains, un peu glorieux, raides, portant beau, formant une caste à part et fiers d’y appartenir, méprisant tout ce qui n’est pas d’épée, querelleurs, amoureux comme tout coq bien né, mais avec cela si brillans, d’une si chaude et si chevaleresque bravoure, aimant et faisant si bien leur métier, trouvant si naturel de donner leur vie pour la gloire assaisonnée d’un morceau de pain, de si bons coqs de combat enfin, de vieille et de pure race française, qu’on ne peut s’empêcher de les admirer et de saluer en eux plusieurs siècles de dévoûment et d’héroïsme.
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