Bigarreau

Définition et enjeux

Portrait de André Theuriet André Theuriet Bigarreau

Bigarreau ! s’écria-t-il.
Il se rappelait maintenant ce gamin de huit ans aux cheveux embroussaillés, couleur de paille, qui vagabondait dans les rues de sa petite ville, vêtu d’une mauvaise chemise et d’un pantalon en loques, et qui se drapait dans ses guenilles avec une insouciance et une drôlerie si amusantes. Ses joues rebondies et rosées, ses lèvres couleur de cerise lui avaient valu ce nom de « Bigarreau » dont l’avaient baptisé les gens du cru.
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Portrait de André Theuriet André Theuriet Bigarreau

Elle était allée s’asseoir au soleil, parmi les serpolets du talus et elle s’y était étendue d’un air boudeur, les coudes dans l’herbe, les doigts enfoncés dans ses cheveux ébouriffés. Bigarreau alla l’y rejoindre.
— Je vous ai fâchée, Norine ? demanda-t-il.
— Oui, répliqua-t-elle avec dépit ; vous vous entêtez à ne rien écouter et vous ne vous inquiétez pas de ce qui tourmente les autres.
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Portrait de André Theuriet André Theuriet Bigarreau

Gâté avant l’âge, jeté de bonne heure dans ce bourbier de la prison où les vices grouillaient comme des sangsues dans un marais, à quinze ans, Bigarreau n’ignorait et ne respectait plus rien. Pourtant la vue de Norine endormie et court vêtue n’éveillait en lui ni sensation malsaine ni brutales convoitises. L’émotion qu’il éprouvait avait quelque chose d’instinctivement respectueux et de doucement étonné : l’admiration d’un sauvage devant une belle chose inconnue.
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