Ernest Jeanbernat

Élements biographiques

Ernest Jeanbernat Les mémoires d'un hanneton (1892)

J'avais remarqué qu'une nombreuse colonie de lézards gris s'était établie le long du mur de clôture du jardin. Je m'amusais souvent à les voir courir au soleil ; j'admirais la grâce et la vivacité de leurs mouvements, leurs yeux pétillants de malice et l'adresse avec laquelle ils savaient s'emparer de leur proie. Lorsqu'une mouche étourdie allait témérairement se poser auprès
d'eux, ils profitaient du moment où la coquette, absorbée par les soins minutieux d'une triomphante toilette, négligait de veiller à sa sûreté pour ramper jusqu'à elle avec un lenteur calculée.
Source : Gallica

Ernest Jeanbernat Les mémoires d'un hanneton (1890)

Que de longues heures passées dans toutes les émotions d'un chasseur aux aguets attendant vainement le gibier qui le fuit ! Que de fois elle doit sentir la rage du désappointement lui serrer le cœur en voyant passer, à quelques millimètres de son trou, d'insouciants insectes qui ne semblent pas même se douter de sa présence et qu'elle ne peut atteindre! Et cela doit arriver à chaque instant, car il y a cent chances pour une que la victime évite le piège qui lui est tendu : rien ne l'attire, et ce n'est qu'un pur hasard qui peut l'y amener.
Source : Gallica

Ernest Jeanbernat Les mémoires d'un hanneton (1892)

Quelle mort épouvantable était venue frapper cette fourmi à l'improviste, au moment où, joyeuse de son butin, elle rentrait au nid commun! Tout à coup elle avait roulé dans un gouffre; d'horribles mâchoires l'avaient saisie, et là, sous le sable, en dehors de tout secours, elle s'était sentie mourir lentement sous les étreintes d'un vampire qui avait sucé son sang goutte à goutte. Quoi de plus affreux qu'une mort pareille! L'imagination la plus sombre peut à peine en rêver une plus terrible et plus effrayante.
Source : Gallica

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