Résumé

A. Cochut,  Le Ministère de Colbert

“ L’habileté jadis était d’insinuer au monarque le vœu du pays ; aujourd’hui, c’est de faire adopter par les représentans du pays le désir du monarque. Sous le despotisme, la responsabilité est sérieuse et implacable : c’est la prison perpétuelle de Fouquet, ou ce coup d’œil sanglant de Louis XIV, qui tue Colbert et Louvois ; la responsabilité selon la charte est plus bénigne : on n’en meurt pas. Le meilleur ministre était celui qui vivait le plus dans ses bureaux et pour les affaires : il faut vivre à présent à la tribune, ou pour la tribune. ”
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A. Cochut,  Le Ministère de Colbert

“ Force restait à la loi, et le châtiment était impitoyable ; des malheureux, coupables d’un instant d’exaspération, périssaient dans les supplices. Le mécontentement ainsi comprimé tournait à la haine, non contre le brillant monarque, mais contre le rigide financier, responsable, aux yeux du peuple, des actes du gouvernement.
Par un excès d’ingratitude et de perfidie dont on ne trouve d’exemple que dans les cours, le chagrin légitime de Colbert devenait un texte de calomnie : ses ennemis lui attribuaient, comme à Fouquet, des desseins pernicieux.
”
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A. Cochut,  Le Ministère de Colbert

“ On mange l’herbe des chemins, on déterre les cadavres : on cite même des malheureux qui retardent leurs derniers instans en rongeant leurs propres membres. Qu’on se souvienne qu’à cette époque de privilège, l’impôt pesait particulièrement sur les pauvres, et qu’on se fasse une idée des contribuables sur lesquels un ministre des finances devait opérer !
Aussi, depuis la mort de Sully jusqu’à l’avènement de Colbert, on vécut au moyen des anticipations. Le revenu de chaque année était employé, non pas pour les besoins du présent, mais pour solder les avances obtenues sur les années antérieures.
”
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