Achille Essebac

Résumé

Achille Essebac Partenza… vers la beauté ! (1898)

Tout reste ici. Tout le charme demeure jusqu’à cette extrême limite où la Tour du Palais-Vieux apparaît encore, pâle fantôme de bure à demi effacé, dans le bleu qui s’accumule entre elle et nous, et devient de plus en plus dense, de plus en plus compact, comme un voile léger dont la trame, sans cesse, s’accroît d’invisibles fils... C’est fini, Florence n’est plus pour nous !...
Depuis, les semaines et les mois se sont ajoutés aux semaines et aux mois, et j’entends encore, se jouant parmi mes souvenirs, les notes frémissantes d’un cantique d’Amour, de Foi et de Beauté.
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Achille Essebac Partenza… vers la beauté ! (1898)

Ce Narcisse très séduisant, cet Apollon coiffé comme une femme et provocant comme l’une d’elles, cet Antinoüs, ces menues statuettes de bronze, ces camilles et ces pocillateurs, peut-être, sont, les uns et les autres, les images très exactes des esclaves d’Alexandrie d’Egypte, d’Asie, de Grèce ou de Rome même, de Rome jalouse des infamies de l’Orient, de la Rome des Césars, qui, avec un Héliogabale encore adolescent, connut les plus mystérieuses débauches... Et ces visions, ici, passent devant mes yeux, frémissantes et radieuses de la splendeur de la chair.
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Achille Essebac Partenza… vers la beauté ! (1898)

Après la provocante et impure vision de cette Vénus Callipyge, femme jusque dans les regards qu’elle traîne sur tout son corps effrontément découvert, c’est tout de suite, — dans la clarté du jour doré qui vient de la rue où je passais tout à l’heure sous les frémissements du matin, un matin de Naples, remuant et joyeux, — l’atmosphère de santé robuste des éphèbes de bronze, le grand calme de la nudité sereine qui succède aux remous voluptueux de l’air amolli dans les voiles levés sur la Vénus impudique dont le marbre fut terni, dit-on, par les embrassements fous de ses adorateurs.
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