Adolphe Poignant

Résumé

Adolphe Poignant Caen en 1786, chronique normande… (1841)

Tiens, répondit André, justement la clef y est. C'est drôle ; car mon maître ne l'y laisse jamais.
Il s'approcha de l'armoire, en ôta la cassette et l'ouvrit avec cet air de curiosité maligne qui faisait le fond de son caractère. Il en tira une redingote d'officier qu'il déploya. Une sueur froide coula à l'instant du front de Henri : il venait d'apercevoir un vide à la hauteur de la poitrine. Un bouton d'or et une partie du drap manquaient. Les mains d'André s'agitèrent convulsivement ; car il avait aussi reconnu la
redingote, niais à une large tache de sang qui était sur le devant.
Source : Gallica

Adolphe Poignant Caen en 1786, chronique normande… (1840)

En entrant dans l'appartement, il jette un coup d'ceil rapide sur la porte d'un cabinet où il avait déposé ses malles et sa précieuse cassette ; elle est fermée à clef. Quelque chose de rouge frappe ses yeux : il s'approche, et trouve des scellés apposés sur la porte et sur la serrure ; c'étaient ceux de M. Radulfe. L'horrible vérité se dévoile alors à ses yeux. Tout est connu. Il se voit perdu, et tombe dans un fauteuil en fondant en larmes et en poussant des cris de désespoir.
Aux exclamations qu'il fait, entendre, une personne entre dans la chambre ; c'était Henri.
Source : Gallica

Adolphe Poignant Caen en 1786, chronique normande… (1840)

Oh ! ne me tuez pas ! ne me tuez pas ! — Ah ! nous saurons quelque chose, dit le lieutenant criminel à demi-voix.
Il caressa l'enfant, le rassura, le fit asseoir. — Messieurs, dit-il, en s'adressant aux gardes et au serrurier, restez à la porte.
Mais en ce moment le pauvre enfant aperçut sa tante dont le cadavre était gisant dans une mare de sang. Il quitta la main de M. Radulfe et se jeta sur ce corps déjà froid, en faisant entendre des accens si déchirans que l'inflexible magistrat sentit ses yeux se mouiller de quelques larmes.
Source : Gallica

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