Albert Tinchant

Les fautes (1887)

Résumé

Albert Tinchant Les fautes (1887)

Mathilde .
– Je vous plains de toute mon âme , Geneviève . Vous le dites bien , notre union est impossible . Car moi , dont le cœur est tout entier à vous , moi dont vous êtes la lumière et la joie , je sens que je vous adore trop pour consentir à un hymen dont la consécration vous serait un éternel deuil . A quoi bon vous exprimer le désespoir qui me poinct l' âme , ma douleur décuplée par cette espérance si vite détruite , sans retour . Il est de ces chagrins que les mots ne traduisent pas . Vous m' avez rayé de la liste des vivants à un âge où tout est sourire et rayons pour mes pareils .
Source : Gallica

Albert Tinchant Les fautes (1887)

Un matin de mai , Clodion descendait la rue des Martyrs , toute enluminée sous le clair soleil du printemps , et il rêvait très profondément sans savoir à quoi .
Voici qu' il aperçut , venant à lui , Anna , rose et joyeuse de la beauté du ciel et de l' ensoleillement des rues . Il l' avait reconnue ,
rien qu' à sa manière de marcher saccadée et
vive . Ils se serrèrent les mains , et comme il l' examinait , étonné de la transparence de sa
chair et du velouté de ses yeux , elle lui prit le bras avec un joli sourire qui montrait ses quenottes d' un blanc-bleu .
Source : Gallica

Albert Tinchant Les fautes (1887)

Elle se leva , vint à lui , et comme elle lui glissait les bras autour du cou , elle vit qu' il pleurait .
Alors , sincèrement émue , elle le baisa à pleine bouche ; et comme affolé de ce revirement soudain , il cherchait encore à la confesser , elle l' entraîna dans l' alcôve sous cette condition qu' il ne l' interrogerait plus .
Dans la surprise de ce dénoûment qui lui laissait au cœur l' amertume du doute , il s' irritait d' avoir été si débonnaire . Elle , très joyeuse maintenant , riait et chantait comme
une fauvette ivre de soleil et de rosée .
Source : Gallica

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