Alfred Duvaucel

Résumé

Alfred Duvaucel Revue des Deux Mondes

Les ténèbres sont d’une épaisseur effrayante. Il n’y a que le pied des montagnes qui soit éclairé par les exhalaisons émanées des marais ; on dirait des feux de bivouac d’une armée immense, campée le long de cette chaîne. Comme j’ai quitté le territoire anglais, je suis obligé de me garder moi-même, et je fais tirer de temps en temps un coup de fusil, pour prévenir messieurs les voleurs que j’ai de la poudre et du plomb.
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Alfred Duvaucel Revue des Deux Mondes

Les voyageurs, qui abordent ici après cinq mois d’une navigation pénible, reposent avec délices leurs regards fatigués de la monotonie de la mer sur tous ces objets nouveaux pour eux. À leurs yeux une hutte est un palais, un buisson est une forêt ; mais si on résiste à l’illusion, rien n’étonne dans cette ville qu’on vante avec tant d’exagération, et dont peut-être on n’eût jamais parlé, si, au lieu d’être au bord de la mer, elle eût été située à trois cents milles dans l’intérieur.
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Alfred Duvaucel Revue des Deux Mondes

Comme le bonheur public est fondé sur le bonheur particulier, il s’ensuit que la pauvre ville de Chandernagor est la plus triste de l’Inde, et qu’on y voit des Anglais rire et des Français se pendre ; et comme la misère tend à aigrir les hommes, il n’y pas de ville où les habitans se détestent autant qu’à Chandernagor, où l’on porte plus loin la malveillance et l’inimitié.
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