Andrée Viollis

Andrée Viollis

Résumé

Portrait de Andrée Viollis Andrée Viollis L'Afrique du Sud : cette inconnue (1948)

Se promener à pied, en particulier, est un scandale.
Le matin, sortant de mon hôtel, à peine ai-je risqué quelques pas sur la grande place éclatante de lumière que dix rickhaws traînés par des Noirs — des coolies-pousse, comme on dit dans l'Inde — m'assaillent, me poursuivent, me reprochent, de la voix et du geste, l'inconvenance de ma conduite. Pour moi, je n'ai jamais pu souffrir cette respiration haletante du pauvre cheval humain. Mais comment marcher longtemps dans cette chaleur d'étuve qui délie toute énergie, sous ce ciel lourd de nuées grises dont l'invisible soleil peut vous tuer ?
Source : Gallica

Portrait de Andrée Viollis Andrée Viollis L'Afrique du Sud : cette inconnue (1948)

N'oublions pas, néanmoins, que, si la province du Cap date de la moitié du XVIIIe siècle, Johannesburg, première ville de l'Union quant à la richesse et à l'importance, a toutes les excuses, avec ses jeunes soixante ans, pour n'avoir pas encore atteint son plein développement spirituel. Ajoutons que le pays étant bilingue, cette division de la langue et de la culture en affaiblit la vigueur.
L'Union possède, au reste, une élite de savants, d'écrivains, d'artistes dont elle a le droit d'être fière. Mais cette élite exerce-t-elle une influence quelconque sur la masse des habitants ?
Source : Gallica

Portrait de Andrée Viollis Andrée Viollis L'Afrique du Sud : cette inconnue (1948)

De l'Afrique, elle comprend non seulement le visage, mais elle sonde l'âme jusque dans ses profondeurs, cette âme à la fois naïve et si secrète. Sur les murs s'alignent tous les types de l'immense continent noir, depuis les durs Arabes, au profil en serpe, et les pachas efféminés de Zanzibar, jusqu'aux nègres de Dakar et aux filles du Congo et des Réserves de l'Union, avec leur beauté barbare et leurs grands yeux nostalgiques.
Source : Gallica

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