Andrée Viollis,
L'Afrique du Sud : cette inconnue
(1948)
“ Se promener à pied, en particulier, est un scandale. Le matin, sortant de mon hôtel, à peine ai-je risqué quelques pas sur la grande place éclatante de lumière que dix rickhaws traînés par des Noirs — des coolies-pousse, comme on dit dans l'Inde — m'assaillent, me poursuivent, me reprochent, de la voix et du geste, l'inconvenance de ma conduite. Pour moi, je n'ai jamais pu souffrir cette respiration haletante du pauvre cheval humain. Mais comment marcher longtemps dans cette chaleur d'étuve qui délie toute énergie, sous ce ciel lourd de nuées grises dont l'invisible soleil peut vous tuer ? ”
