Résumé

Portrait de Arthur Buies Arthur Buies Les Poissons et les Animaux à fourrure du Canada

Chaque pêcheur de homard se croyait en droit de chasser le gibier qui l’entourait,
d’en consommer la chair, d’en recueillir la plume ou la peau, d’en emporter les œufs, de s’en servir pour amorcer ses cages à homards, et n’hésitait pas à tendre un filet à l’entrée d’un cours d’eau fréquenté par le saumon et la truite. Presque toujours, ces deux poissons venaient déboucher dans le fond de l’anse ou de la baie où le pêcheur avait établi sa homarderie.
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De là l’immense supériorité des pêcheries canadiennes sur les pêcheries américaines, puisqu’il est admis que le courant arctique est la demeure des poissons commerciaux et que la presque totalité de ce courant arrose les côtes du Canada.
Il est impossible, en Europe, de se faire une idée de l’étendue, de la valeur et de l’importance des pêcheries du Canada, en même temps que des territoires de chasse au gibier à fourrure, à plumes et à panache que l’on peut découper en vastes sections sur la gigantesque surface de ce pays.
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Le caplan est un joli petit poisson de cinq à six pouces de longueur qui arrive en masses compactes, remplissant pour ainsi dire chaque baie et chaque anse formée par la nature accidentée des côtes. Pendant tout le temps qu’il se presse le long de celles-ci, en bancs immenses, la morue qui le suit de près, se régale à ses dépens et le dévore par millions. Aussi le temps du caplan est-il toujours pour le pêcheur le temps le plus précieux, car il est assuré que la morue ne manquera pas, tant qu’il pourra lui offrir pour appât ce petit poisson dont elle est très friande.
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