Résumé

J.-J. Baude L’Empoissonnement des eaux douces

Une existence si généreuse et si désintéressée, se donnant sans réserve et sans rien recevoir en échange, n’est pas le problème le moins curieux qu’offre l’histoire naturelle des poissons. Il est probablement des retraites où, par compensation le saumon prend tout et ne donne rien ? il ne saurait nous gratifier que de ce qu’il enlève à d’autres ; mais de quelle pâture sous-marine forme-t-il ainsi sa propre substance ? Trouve-t-il dans les gouffres de l’Océan des végétaux appropriés à sa nature, ou bien leur dérobe-t-il une proie vivante comme lui ?
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J.-J. Baude L’Empoissonnement des eaux douces

On dirait que, jaloux de nous dérober le secret de ses richesses sous-marines, le saumon plonge en atteignant les eaux salées dans leurs profondeurs, et ne se remontre à la surface qu’au moment de rentrer dans les eaux douces. Le hareng s’éclipse et reparaît de même ; on tient aujourd’hui pour constant qu’après avoir promené l’abondance de la Mer du Nord à la Manche ; les bancs de harengs, au lieu de se réfugier sous les glaces du pôle, descendent à des profondeurs impénétrables et que leurs migrations, s’il est permis de parler ainsi, sont plutôt verticales qu’horizontales.
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J.-J. Baude L’Empoissonnement des eaux douces

C’est vainement que l’atelier d’Huningue répandrait des œufs de saumon dans toutes les rivières de France, si les saumons eux-mêmes ne pouvaient pas les remonter et les descendre, s’y établir et s’y succéder. Si de plusieurs obstacles mortels pour l’empoissonnement un seul doit être maintenu, autant vaut laisser subsister tous les autres et renoncer à toute amélioration sérieuse ; mais, si l’on veut reconstituer la richesse ichthyologique du pays, il faut aborder avec résolution et poursuivre avec persévérance le rétablissement de la circulation du poisson dans toutes les eaux.
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