“ Mais la réciproque n’est pas strictement vraie, car un courant n’offre pas en toutes saisons et dans toutes ses parties un plankton identique ; lorsque les conditions varient, la faune et la flore changent à leur tour et ces variations sont parfois hors de proportion avec la cause qui les produit ; un plankton peut se montrer extrêmement stable à travers des circonstances très différentes, puis brusquement on le voit : évoluer des formes rares tout à l’heure vont maintenant pulluler ; celles qui dominaient vont au contraire se raréfier au point de disparaître ”
Plankton
Définition et enjeux
Citations sur “plankton”
Jules Richard, L'Océanographie (1907)
“ En passant en revue les êtres marins dans l'ordre naturel, comme nous le ferons bientôt, nous constaterons que tous ou presque tous les groupes d'animaux sont représentés, dans une proportion plus ou moins grande, et dans le benthos et dans le plankton, nous verrons les adaptations les plus inattendues et les plus curieuses à un nouveau mode d'existence. Pour le moment, bornons-nous à dire que le plankton n'est pas également répandu dans l'épaisseur des eaux et que la zone superficielle dans laquelle pénètre la lumière solaire est de beaucoup la plus riche. ”
Henri Bourée, L'océanographie vulgarisée : de la surface aux abîmes (1913)
“ Alors même que l'observateur le plus attentif ne discerne rien dans une eau qui semble d'une limpidité cristalline, il n'en existe pas moins une faune microscopique des plus intéressantes à laquelle on a donné le nom de plankton. ”
Charles Gravier,
Rapport sur une mission scientifique à la Côte française des Somalis
(1904)
“ On sait que l'étude du Plankton, qui préoccupe de plus en plus et à juste titre les zoologistes, se relie intimement à la biologie marine, à celle des polypiers des récifs en particulier et aussi à la question beaucoup plus haute de la circulation de la matière vivante à travers les océans. ”
Georges Leuduger-Fortmorel, Diatomées marines de la côte occidentale d'Afrique (1898)
“ Cette récolte est bien le type de ce que les Allemands ont appelé : Plankton, c'est-à-dire l'ensemble des organismes vivant à la surface des eaux. C'est là une découverte récente; je suis persuadé que si de jeunes naturalistes se consacraient à l'étude de ce Plankton, ce serait pour eux une riche mine de découvertes et ils rendraient de grands services à l'océanographie. ”
Jules Richard, L'Océanographie (1907)
“ Comme la transparence dépend beaucoup de la quantité des organismes vivant sous forme de plankton, on voit que la mesure de cette quantité est loin d'être dépourvue d'intérêt, notamment là où les particules minérales sont très peu abondantes, car alors la transparence mesure en quelque sorte, et jusqu'à un certain point, la quantité du plankton. ”
Jules Richard, L'Océanographie (1907)
“ Il y a bien des êtres qui vivent fixés sur le fond à toutes les périodes de leur vie et qui appartiennent toujours au benthos, mais il en existe beaucoup d'autres qui, rentrant dans la catégorie du benthos à l'état adulte et pendant la majeure partie de leur vie, comme les huîtres, appartiennent au plankton pendant les premières phases de leur développement, à l'état d'œufs, puis de larves. Les spores, les œufs, les larves et les embryons d'un nombre immense de végétaux et d'animaux benthiques constituent une partie souvent très importante du plankton, surtout dans le voisinage des côtes ”
Jules Richard, L'Océanographie (1907)
“ Copenhague, igo5. j -; ton des couches intermédiaires, ni même de la surface, car le plankton n'est pas répandu d'une façon uniforme dans une même couche ; un grand nombre des êtres qui le constituent se trouvent en essaims, de sorte qu'en deux points peu éloignés on peut rencontrer, en employant le procédé de Kofoid, un plankton très abondant ou un plankton très pauvre. De plus la quantité d'êtres contenus dans 20 litres d'eau de mer est le plus généralement trop faible pour permettre d'établir une moyenne ”
Abel Gruvel,
Les États de Syrie. Richesses marines et fluviales…
(1931)
“ En un mot le phytoplankton se. forme aux dépens des substances dissoutes dans l'eau, le zooplankton vit aux dépens du précédent, les petites formes pélagiques s'alimentent avec les deux espèces d'organismes et les formes les plus grosses et les plus voraces vivent aux dépens des plus petites ou des moins défendues. La connaissance du plankton, animal et végétal, a donc, au point de vue de la biologie générale des être vivants, une importance considérable. ”
“ Ces mutations sont particulièrement profondes et obscures sur les frontières d’un courant, là où se mêlent des eaux et des planktons distincts, là où des conditions très diverses se succèdent en peu de temps et à peu de distance. On sait déjà que le plankton est particulièrement riche au contact des courants chauds et des courants polaires et l’on a remarqué souvent que les pêcheries de morues semblent jalonner une telle ligne de contact à Terre-Neuve, en Islande, aux Fœröé, aux Lofoten, etc. ”
Jules Richard, L'Océanographie (1907)
“ La plupart des êtres qui le forment sont très petits, souvent même microscopiques ; mais leur nombre est tel que la quantité de matière vivante contenue dans la masse des eaux sous la forme de plankton dépasse de beaucoup en importance celle qui est constituée par l'ensemble des grands animaux marins comme les cétacés. ”
Jean-Baptiste Charcot,
Le "Pourquoi-pas" ? dans l'Antarctique…
(1910)
“ Le plankton est très abondant dans les régions antarctiques ; Diatomées en quantité, Copépodes, larves de Crustacés, Protozoaires en sont les principaux représentants. Nous avons fait le 1er février, dans la baie Matha, des pêches successives de plankton de profondeur de 150 mètres à la surface. ”
Abel Gruvel,
Les États de Syrie. Richesses marines et fluviales…
(1931)
“ C'est le phytoplankton. Quant au plankton animal ou zooplankton, il est beaucoup plus varié puisqu'il peut contenir, à la fois, des formes étranges, à cheval sur le règne végétal et le règne animal, tels que les Péridiniens, par exemple, puis des formes nettement animales comme les multitudes de Protozoaires : Globigérines, Noctiluques, puis des larves de Crustacés, et de petits crustacés même (Copépodes) , Vers, Vermoïdes et larves de vers, larves d'Echinodermes, de Mollusques, Cœlentérés (Méduses, Siphonophores, etc.) ”
“ Les autres facteurs physiques ou chimiques assez mal étudiés semblent influer moins encore dans la plupart des cas ; il y a toujours assez d’oxygène, de carbonate ou de phosphate dissous, voire de silice, et nul n’attribue les déplacements réguliers du maquereau ou du hareng aux variations de ces éléments. Si l’on connait mal la synthèse des substances azotées non figurées qui sont le premier stade d’intégration des aliments, il semble pourtant que ces substances soient en quantité suffisante pour assurer partout le développement du plankton. ”
Jules Richard, L'Océanographie (1907)
“ Il est donc nécessaire, pour arriver à une connaissance complète de la biologie de la mer, de recueillir et d'étudier de près les espèces innombrables qui pullulent dans les différentes zones. La récolte ne pourra se faire aisément qu'avec des engins appropriés soit à la nature de cette zone soit à la nature des êtres qui l'habitent; la masse des organismes, le plus souvent microscopiques qui constituent le plankton de surface ne se capturent pas de la même façon que les baleines. ”
Jules Richard, L'Océanographie (1907)
“ Les larves de ces animaux constituent à certaines époques et dans certaines régions une partie importante du plankton, même lorsqu'elles possèdent déjà leurs deux valves bien formées. On a constaté que beaucoup d'espèces arrivent à toute leur 1 grosseur en un an. Fischer a vu en moins d'un an des moules atteindre IOcm sur une balise à Arcachon. Les Mollusques de cette classe ont beaucoup d'ennemis : le Morse se nourrit surtout de Myes (Mya truncata) qu'il extrait de la vase avec ses défenses ; divers poissons (Morues, Trigles, Soles) en font une grande consommation ”
Jules Richard, L'Océanographie (1907)
“ Généralités : benthos, plankton, necton. — Origine marine des êtres vivants; théorie de M. Quinton. — Distribution de la vie dans la mer. — Régions littorale, côtière, abyssale. — Pression à laquelle sont soumis les animaux des grands fonds; la décompression; expériences de Regnard. — Action de la température sur les animaux. — Instruments et méthodes. — Récoltes de surface : havcncau, filets et chaluts de surface divers ; appareil pour l'examen rapide du plankton. ”
A. Dastre, La Vie et les Êtres vivans dans les Régions polaires
“ La masse vivante du plancton flotte passivement. L’étendue de l’excursion possible étant, pour chacun des êtres, en proportion de ses faibles dimensions, les bancs qu’ils forment ne subissent que des mouvemens d’ensemble, sous l’influence des courans qui les transportent. Hors de là, le banc de plancton ne se disloque pas. Lorsqu’il est abondant, il dessine sous l’eau de vastes taches irrégulières et mobiles que les marins connaissent bien. On les aperçoit lorsque l’on examine d’une certaine hauteur la surface des eaux tranquilles. ”
Henry Joly, Géologie agricole. Tome 1, Introduction à l'étude de la géologie agricole… (1937)
“ Quant au plancton, il est composé par tous les animaux qui, d'habitude, vivent sur le fond de la mer. Ces animaux sont aussi organisés d'une façon différente, car généralement; ils ne reçoivent pas ou peu de lumière et, ne jouissent pas d'oxygène ou tout au moins se trouvent dans des couches d'eau marine qui ne renferment pas d'oxygène. ”
Max Planck,
Initiations à la physique
“ C’est pourquoi, pour un système donné, au lieu d’avoir, comme dans la mécanique classique, un certain nombre d’équations correspondant au nombre plus ou moins grand des degrés de liberté du système, il n’y a plus qu’une seule équation quantique. Alors que le point configuratif de la théorie classique décrit en fonction du temps une courbe déterminée, le point configuratif de l’onde matérielle remplit à chaque instant un espace infini où il y a même des points tels que l’énergie potentielle y est plus grande que l’énergie totale. ”
Max Planck,
Initiations à la physique
“ Pour la théorie de la relativité, en raison de l’arbitraire inhérent au choix du système de référence et du système de mesure, il convient de donner, en quelque façon, à ces notions un caractère seulement relatif, et c’est là, sans doute, une idée qui touche au tréfonds de notre connaissance en physique. Mais, si l’espace et le temps perdent leur caractère d’absolu, ce dernier n’est pas le moins du monde expulsé de l’univers. ”
Vladimir Vernadsky,
La Biosphère
“ Le monde du plancton, qui se multiplie avec l’intensité indiquée et développe une énergie géochimique active maxima, ne caractérise pas seulement les parages océaniques, le plancton règle aussi la manifestation géochimique de toute la vie aqueuse de la terre ferme. La grandeur δn peut donner une idée de la différence d’énergie que possèdent les matières vivantes que nous comparons, mais leur énergie géochimique se manifeste aussi par la masse et le poids des individus créés. ”
Max Planck,
Initiations à la physique
“ Ce monde est une vue de l’esprit, arbitraire jusqu’à un certain point ; c’est un modèle idéalisé qui a été créé dans le but d’éliminer l’incertitude inhérente à toute mesure réelle et de n’opérer que sur des concepts définis avec une netteté absolue. Par suite, en physique, toute grandeur mesurable, qu’il s’agisse d’un intervalle de temps, d’une longueur, d’une charge électrique à une double signification, selon qu’on la considère comme étant le résultat immédiat d’une mesure où qu’on la suppose se rapporter à ce modèle appelé par nous « image représentative physique de l’univers ». ”
Max Planck,
Initiations à la physique
“ La chimie est sortie de l’idée de l’élixir de longue vie et de l’idée de la fabrication de l’or. La notion de l’énergie est sortie de l’idée du mouvement perpétuel. La théorie de la relativité a son origine dans les tentatives faites pour mesurer la vitesse absolue de la terre. La physique atomique est née de l’assimilation du mouvement des électrons au mouvement planétaire. Ce sont là des faits qu’il est impossible de traiter par le dédain et qui donnent beaucoup à penser. Ils nous montrent que dans la science aussi s’applique l’adage : « la fortune sourit aux audacieux. » ”
Max Planck,
Initiations à la physique
“ En soi, le mouvement absolu de la terre, c’est-à-dire son mouvement par rapport à l’éther, et l’espace absolu de Newton, ne sont pas des concepts dépourvus de sens bien qu’on lise souvent le contraire dans les ouvrages de vulgarisation sur la relativité. Le mouvement absolu de la terre ne devient un non-sens que si l’on admet la relativité spéciale ; et l’espace absolu ne devient un non-sens que si l’on admet la relativité généralisée. ”
Max Planck,
Initiations à la physique
“ Nous voilà donc amenés à répondre à la question que nous nous posions à la fin du premier paragraphe de cette conférence : la conception de l’univers selon la physique n’est-elle qu’une création arbitraire de notre esprit ou bien devons-nous affirmer, au contraire, qu’il y a des phénomènes naturels tout à fait indépendants de nous ? Ou bien, pour parler d’une façon plus concrète, est-il raisonnable d’affirmer que le principe de la conservation de l’énergie était déjà valable dans la nature avant qu’il y eût des hommes qui pussent y songer ? ”
“ Mais les pages véritablement précieuses de ce livre sont celles où Planck fait, naïvement et sans y penser, certains aveux qui donnent de singulières clartés sur le mystérieux processus d’élaboration de la science ; ils détruisent complètement le lieu commun, souvent répété par Planck lui-même avec emphase, selon lequel la science serait une chose universelle planant au-dessus des savants de tous les temps et de tous les pays. ”
Max Planck,
Initiations à la physique
“ En effet, pour définir la position d’un point matériel ou, plus généralement celle d’un point dans l’espace de configuration, il n’y a, en mécanique ondulatoire, qu’un seul moyen, c’est de superposer un train d’ondes propres du système considéré, de telle façon que les fonctions ondulatoires correspondantes s’annulent partout par interférence dans l’espace de configuration, sauf en ce point où elles se renforcent. La probabilité d’existence de tous les autres points sera nulle et celle du point singulier égale à l’unité. ”
Max Planck,
Initiations à la physique
“ Inversement tout phénomène observable doit trouver la place qui lui convient exactement dans l’ensemble. La description physique, nous tenons à le faire remarquer, est en cela très différente d’un portrait ordinaire qui n’a jamais la prétention de reproduire d’une manière absolument exacte tous les traits de l’original. On trouve, il est vrai, dans les traités de physique, même les plus récents, des remarques comme celle-ci : la théorie des électrons tout comme la théorie cinétique des gaz, ne donne qu’une image approchée de la réalité. ”
Max Planck,
Initiations à la physique
“ Si nous vouions maintenant appliquer ce qui vient d’être dit aux problèmes actuels de la physique des quanta, nous devrons, avant de conclure, revenir sur les points qui ont été traités au début de ce chapitre. S’il est parfaitement exact d’affirmer que la structure de l’univers physique s’écarte toujours davantage du monde sensible et tend par de continuelles mutations à se rapprocher de plus en plus d’un monde « réel », inconnaissable par principe, il en résulte évidemment que ce système se trouve être par là même débarrassé de plus de ses éléments anthropomorphiques. ”
J.-B.-Albert Eusébio, Introduction à l'aquiculture générale… (1904)
“ Elles sont en grande partie en rapport avec le régime thermique du lac, retentissant sur les organismes à des degrés divers et toujours avec la concurrence vitale : les espèces qui dominent lors des maxima ne sont pas toujours les mêmes d'une année à l'autre. C'est que le plancton est un ensemble complexe mais un tout bien distinct, dont les éléments constitutifs étroitement en contact doivent se suffire les uns aux autres : telle espèce sera liée au cycle évolutif d'une ou de plusieurs autres dont elle fait sa nourriture. ”
Max Planck,
Initiations à la physique
“ Regardé d’un peu loin et comme d’un observatoire élevé, l’ensemble de la physique théorique moderne, bien loin de nous procurer un sentiment apaisant de sécurité analogue à celui que nous ferait éprouver l’ensemble des spéculations de la période précédente, qualifiée à juste titre de classique, donne au contraire facilement l’impression d’un chaos. Nous voyons les physiciens se débattre un peu à l’aveuglette comme s’ils étaient déroutés par des découvertes expérimentales trop nombreuses, survenues en même temps, et dont une bonne part étaient totalement imprévues. ”
