“ Son front s’inclina vers le mien : Elle rougit comme une fraise. Puis murmura : « Je le veux bien. « Pourvu que ta langue se taise ! » Et je me mis à l’embrasser Sur chaque joue, à rendre l’âme. ”
Frai
Définition et enjeux
Le concept de fraîcheur désigne à la fois un état physique, lié à la température ou à la nouveauté, et une dimension métaphorique, évoquant pureté, vivacité ou émotion. Depuis les textes de Comarmond, qui l’associe à la reproduction des poissons, jusqu’aux vers de Clovis Hugues, où elle devient un symbole de tendresse, le terme traverse des approches variées.
Verlaine la célèbre dans une comparaison audacieuse, tandis que Fargue l’emploie ironiquement. Cette dualité entre le concret et l’abstrait révèle une richesse sémantique liée à la nature, à l’amour et à la poésie.
Citations sur “frai”
Ambroise Comarmond,
De la pisciculture de la truite…
(1853)
“ Le dépôt des œufs étant fait, le mâle, qui à l'époque de la ponte suit de près la femelle,est attiré par un instinct naturel auquel succède le plaisir de la fécondation qui s'accomplit en répandant la laite sur le frai. ”
Mathilde Alanic,
Dialogue du Vent et des Pins
“ Frère, vif, léger et ardent, nous t’admirons ! Nous aimons sentir ton souffle dans nos branches ; tu nous apportes l’âcre parfum de la mer et la fraîche odeur des vallons. Nous tendons nos bras vers les nuages que tu pousses devant toi, et nous épions les étoiles que tu découvres ou que tu caches. ”
Le livre des ballades allemandes (1882)
“ Au fond de la forêt, le duc — était assis au pied d'un chêne, — tandis que, chantant sur le coteau, — une jeune fille cueillait des fraises. — Ces fraises fraîches et parfumées, — elle les offrit au vieillard : — autour de lui flottait encore en l'air — le charme de sa mélodie, a Avec ta claire chanson, — dit-il, belle fille, — la paix est rentrée en moi, — après mainte chasse aventureuse. — Les fraises que tu m'apportes — rafraîchissent agréablement le palais ; — mais chante encore : tu ravis — mon âme dans un rêve d'allégresse. ”
Paul Verlaine,
Œuvres complètes de Paul Verlaine…
“ Ils me disent que tu es brune, Qu’une brune a des yeux de braise Et qu’un cœur qui cherche fortune S’y brûle... Ô la bonne foutaise ! Ronde et fraîche comme la lune, Vive ta gorge aux bouts de fraise ! ”
Léon-Paul Fargue,
Le Piéton de Paris
“ Elle, très femme de chambre de grande grue de chef-lieu, mais gentille, et d’une bêtise de fraises à la crème. ”
Louis Marie Quicherat, Petit Traité de versification française
“ Les mots rang, sang, riment bien ensemble ils riment encore avec flanc, franc, banc ; mais parent ne rime pas avec rang, ni reconnaissant avec sang. 18° Certains mots, qui offraient une rime défectueuse au singulier, riment bien au pluriel. Par exemple /ërj, soufferts ; tyrans, expirants ; rangs, parents. Je t’ai préféré même à ceux dont les parents Ont jadis dans mon camp tenu les premiers rangs. CoRN. Bientôt l’amour, fertile en tendres sentiments, S’empara du théâtre ainsi que des roMOKS. BoiL. ”
Les aventures d'Edouard Bomston pour servir de suite à la Nouvelle Héloise (1789)
“ Le léger zéphir qui agite mollement l'herbe, rafraîchit mes joues brûlantes et fait renaître la sérénité et la paix dans mon cœur. Je me crois reconciliée avec la nature, avec le ciel, avec moi-même, et cette consolante pensée me rend heureuse. ”
George Sand,
Correspondance 1812-1876
“ Quoi qu’il en soit, prenez-moi pour une amie, frère et sœur tout à la fois : frère pour vous rendre des services qu’un homme pourrait vous rendre ; sœur pour écouter et comprendre les délicatesses de votre cœur. Mais dites à vos amis et connaissances qu’il est absolument inutile d’avoir envie de m’embrasser pour mes yeux noirs, parce que je n’embrasse pas plus volontiers sous un costume que sous un autre ! ”
“ Vierge sacrée ! murmures, voix, arômes, tout est parfum d’amour. Riches et heureux mortels, encensez-la dans vos prières, car elle est la consolatrice des affligés et le miroir de la vertu ; pour elle, ô généreux bardes ! dont les harpes chrétiennes n’ont jamais manqué de foi, trouvez des louanges. Envoie-lui tes baisers, ô brise douce et fraîche de la marée ! ”
“ Les saules si beaux, quand le soleil et Herbert étaient là, n’offraient plus à ses regards qu’une masse noire et immobile ; un grand silence régnait partout ; espérer le bonheur était impossible devant cette nature privée de vie et de lumière. Christine avait la fièvre, elle se sentait écrasée par mille puissances diverses, par l’indifférence des siens, par la volonté d’un maître, même par la nuit, qui se faisait froide et morne comme tout ce qui l’entourait. Le cœur de la jeune fille battait vivement dans sa poitrine et se révoltait. ”
Molière,
Molière - Œuvres complètes, Tome 4
“ CLÉANTE.Non: mais j’y suis résolu, et je vous conjure, encore une fois, de ne me point apporter des raisons pour m’en dissuader.144ÉLISE.Suis-je, mon frère, une si étrange personne?CLÉANTE.Non, ma sœur: mais vous n’aimez pas; vous ignorez la douce violence qu’un tendre amour fait sur nos cœurs; et j’appréhende votre sagesse.ÉLISE.Hélas! mon frère, ne parlons point de ma sagesse; il n’est personne qui n’en manque, du moins une fois en sa vie; et, si je vous ouvre mon cœur, peut-être serai-je à vos yeux bien moins sage que vous. ”
Pierre Corneille,
Œuvres de P. Corneille
“ J'ai peine à voir un fils où j'ai cru voir un gendre;1105La nature avec vous refuse de s'entendre,Et me dit en secret, sur votre emportement,Qu'il a bien peu d'un frère, et beaucoup d'un amant;Qu'un frère a pour des sœurs une ardeur plus remise,A moins que sous ce titre un amant se déguise,1110Et qu'il cherche en mourant la gloire et la douceurD'arracher à la mort ce qu'il nomme sa sœur.THÉSÉE.Que vous connoissez mal ce que peut la nature! ”
L Bourdereau, Les chanteurs ambulants : comédie-vaudeville en trois actes (1842)
“ NOÉMI. Mon frère, (bis) de tout là-bas, là-bas, là-bas, Mon frère, (bis) pour me revoir presse le pas. Entends la voix qui t'accompagne Dans la joie et dans la douleur; C'est ton amie et ta compagne, Ta compagne, c'est le bonheur. BÉNÉDIT. Ton frère, (bis) de tout là-bas, là-bas, là-bas , Ton frère, (bis) pour te revoir, presse le pas. J'entends ta voix qui m'accompagne Dans la joie et dans la douleur ; C'est mon amie, c'est ma compagne, Ma compagne, c'est le bonheur. BÉNÉDIT. Allons, les amateurs, un peu de courage à la poche ! la caisse est ouverte ; ne craignez pas de nous humilier. ”
Mirage (Mousseau)/Texte entier
“ Elle aurait été encore bien plus chagrine si elle avait su ce que c’était que de passer un été en ville pour la première fois et de vivre sur l’asphalte par les chaleurs les plus torrides : ce n’était pas seulement la sympathie de Louis qui allait lui manquer, c’était la sympathie de toute la bonne nature des champs qui allait faire place aux ardeurs d’un soleil implacable contre lequel aucun ombrage vert ne protège et que ne tempère pas la rosée des champs et des grands bois. La fraîcheur est absente de l’été des villes, autant que l’est toute poésie et tout charme quelconque. ”
Manon Roland,
Lettres de Madame Roland de 1780 à 1793
“ Que fais-tu du poisson-Landine, du pédant-Frossard, de l’adroit-Le Camus, de l’hypocrite-Villers, de la ganache-Tissier, du cynique-Gilibert, de l’esprit-Laurencin, de l’habile-Rast et de tant d’autres que je vois d’ici se redresser à leur manière et jouer leur partie, chacun dans sa sphère [121] ? J’ai été enfin, avec le frère, voir nos dames de Cruix ; elles m’ont invitée pour la Sainte-Catherine qu’elles célébreront mardi prochain. S’il fait beau, le frère viendra, mais seulement s’il fait beau. ”
E. de Nassirac, Compliments de la petite famille (1901)
“ Qui va-t-on célébrer? C'est à moi de le dire, Et pour bien exprimer ce que vous ressentez, Interrogeons mon coeur : cela doit me suffire. En parlant de celui que nous chérissons tous, Dont chacun peut louer le parfait caractère ; Qui, parmi ses amis, ne trouve aucun jaloux, J'ai tracé le portrait de mon excellent frère : Cher frère, avant de nous laisser Pour, faire un peu le tour du monde, Reçois nos voeux, notre baiser : Nous te les offrons à la ronde ! Là-bas, qui te souhaitera Ta fête — affectueux usage Qu'a nos foyers on célébra Depuis des siècles, d'âge en âge? ”
“ Frère, qui fais l’habit, joyeux tisseur de drap, Aime-toi, comme en lui la laine aime le drap. Frère, dont le bateau fend l’azur vert des vagues, Aime-toi, comme en mer les flots aiment les vagues. ”
George Sand,
Correspondance 1812-1876
“ De loin encore, on essaye de me faire du mal. Une lettre de mon frère, aigre jusqu’à l’amertume, contient ce qui suit : Ce que tu as fait de mieux, c’est ton fils ; il t’aime plus que personne au monde. ”
André Lecler, Généalogie de la maison de Lambertie… (1895)
“ Je vous fais ce triste et long détail, mon cher frère, pour vous prouver que je n'ai rien omis pour rendre et faire rendre à un frère tel que le nôtre tout ce qui était dû à sa naissance et à ses qualités personnelles. Nous perdons un bon frère, un bon ami et un bon soutien. Il emporte les regrets universels de tout le monde. ”
Félix Jeantet,
Les plastiques
(1887)
“ Humble comme le mien, au fronton de ce livre, C'est ton nom que j'écris, mon frère, auprès du mien : Par devant l'Idéal que j'ai tenté de suivre, Nul ne sait mieux que toi que je sais n'être rien ; Tu seras le garant de mes rancœurs cachées ! ”
“ Frère, poussant les bœufs dans les mottes de terre, Aime-toi, comme aux champs le glèbe aime la terre. Frère, qui fais le vin du sang des raisins d’or, Aime-toi, comme un cep aime ses grappes d’or. ”
“ Quand je vous lisais l’histoire de Paul et Virginie, vous ne la compreniez qu’à demi. Vous pleuriez, cependant ; vous aviez vu l’histoire d’un frère et d’une sœur là où j’avais frissonné de sympathie en apercevant les angoisses de deux amants. ”
Anonyme, Les Mille et Une Nuits
“ Madame, me dit-elle, on vous a fait venir ici pour assister à des noces ; mais j’espère que ces noces seront autres que celles que vous vous imaginez. J’ai un frère, qui est le mieux fait et le plus accompli de tous les hommes ; il est si charmé du portrait qu’il a entendu faire de votre beauté, que son sort dépend de vous, et qu’il sera très-malheureux, si vous n’avez pitié de lui. Il sait le rang que vous tenez dans le monde ”
Léon Guérin, Les Bons petits garçons, histoires pour la jeunesse… (1850)
“ Car je le puis, amis, car je le sais de coeur !... Mais, après tout, pourquoi?... N'est-il pas une soeur, Un frère auprès de vous, qui vous conte les charmes Que la sainte amitié verse presque en naissant, Un frère qui vous porte à son sein frémissant, Heureux de votre joie et triste de vos larmes, Et qui vous donnerait une part de son sang? ”
Cantique des cantiques, Ancien Testament
“ Tu me ravis le cœur, ma sœur, ma fiancée, tu me ravis le cœur par l’un de tes regards, par l’un des colliers de ton cou. Que de charmes dans ton amour, ma sœur, ma fiancée ! Comme ton amour vaut mieux que le vin, et combien tes parfums sont plus suaves que tous les aromates ! Tes lèvres distillent le miel, ma fiancée ”
Joachim Gasquet,
Le Paradis retrouvé, poèmes
(1911)
“ Né de votre justice et de votre misère, Il me semble parfois qu'un sourire de frère Tombe du firmament... Quelqu'un est là, debout, derrière la muraille... Un Frère nous attend... Le monde entier travaille A son achèvement. ”
Félix Vidalin, L’Agriculture et la Vie rurale en Italie
“ Si, après de vaines recherches, vous profilez de la rencontre d’un frère quêteur qui vous aborde le sourire sur les lèvres, la tabatière d’une main, l’escarcelle de l’autre, pour lui demander de vous montrer un lazzarone, le frère prendra cette simple question pour une personnalité offensante, une raillerie de mauvais ton, et vous tournera les talons, emportant votre aumône. ”
“ Je suis le frère. Tu es le père Du jardinier : Je suis le frère Du bon cocher. Où est mon canif ? J’ai perdu ma chatte. Je veux du rosbif. Où est mon canif ? J’ai tué le Juif. Faut-il qu’on se batte ? ”
Le Kalevala : épopée nationale de la Finlande et des peuples finnois… (1867)
“ Si ton beau-frère revient de la charrue, si ton beaupère revient de son enclos, si ton époux bien-aimé revient d'abattre du bois, tu dois leur présenter de l'eau pour se laver, leur tendre la serviette, t'incliner devant eux bien humblement, leur adresser de douces paroles ! ”
“ Le fils prodigue baisse à nouveau le front que tendrement sa mère caresse. — Qu’est-ce que tu vas faire à présent ? — Je vous l’ai dit : m’occuper de ressembler à mon grand frère ; régir nos biens ; comme lui prendre femme... — Sans doute tu penses à quelqu’un, en disant cela. — Oh ! n’importe laquelle sera la préférée, du moment que vous l’aurez choisie. Faites comme vous avez fait pour mon frère. ”
J.-P. Liénard, L'original enfant de Gonesse : poésies de J.-P. Liénard… (1841)
“ Je vous vois en secret verser de douces larmes Sur un frère, une sœur, dont vous fîtes les charmes; L'ombre de ces époux, vivifiée dans les airs, Publiera vos bienfaits mieux que moi par mes vers. Cependant je voudrais laisser dessus la terre Le souvenir du bien que vous avez su faire, En éloignant de moi ces êtres dévorants Qui n'ont rien pour autrui que des ongles, des dents; Sans respect pour Thémis, ils brisent sa balance, Et par eux dépouillé, je reste sans défense. ”
“ Mais quand vous aurez fait de moi Ne vous en moquez mie. Car si mon frère le savait Vous ôterait la vie ; Pour ma sœur elle sait fort bien Qui ne s’en fait que rire, Car elle en faisait bien autant Quand elle était petite. ”
“ Chaque nuit, lorsque la pourpre que le soleil couchant projette sur les nuages, à son déclin, disparaissait du ciel, une jeune fille, ou plutôt une fillette, traversait la plaine, et, prenant un sentier qui semblait n’avoir jamais été foulé par des pas humains, s’introduisait furtivement dans un bosquet de sapins, dont les branches étendaient leur ombre fraîche à l’entrée d’une caverne. ”
Émile Dufour, Poésies, par Émile Dufour, publiées par le fils de l'auteur… (1876)
“ Plus qu'un frère prudent, plus qu'un amant jaloux, L'un autour d'une soeur, l'autre auprès de sa reine, Sans trêve ni repos je veillais près de vous, Avec zèle essayant de sauver votre tête De tout danger fatal, de tout sombre avenir, D'écarter à la fois l'insecte et la tempête, A la fois ce qui souille et ce qui fait mourir. ”
Sophie Gay,
Le Faux Frère
(1845)
“ Songez que nous sommes frères d’armes, que nous avons triomphé, succombé ensemble, et que, percés de coups, mourant sur le sein l’un de l’autre, le sang qui coulait de nos blessures nous a unis pour toujours. Rendez-moi mon ami, rendez la vie à ma sœur, à ma mère, ou préparez-vous à tous les malheurs que le désespoir entraîne. ”
William Shakespeare,
Mesure pour mesure
“ Supposez que vous, sa sœur, — vous vous sachiez désirée par quelque personnage — qui, par son crédit auprès du juge ou par son éminente position, — puisse retirer à votre frère les menottes — de la loi répressive, et que, n’ayant — aucun autre moyen terrestre de le sauver, il vous faille livrer les trésors de votre corps — à cet homme ou laisser exécuter votre frère : — que feriez-vous ? isabelle. — Je ferais pour mon pauvre frère ce que je ferais pour moi-même. ”
Antoine-Théodore Du Prat, Glanes et regains récoltés dans les archives de la maison Du Prat… (1865)
“ Je vous prie, Monsieur mon frère, n'y épargner choses que j'ai audit pays, et en user comme de votre propre, vous assurant au surplus que combien que je sois ici en bien bonne compagnie de grands personnages et savants, si est-ce que je souhaite Souvent être pour quelques jours avec vous et madame ma soeur (1) , à laquelle je désire être recommandé bien humblement et de bon coeur, comme d'aussi bon coeur je me recommande à votre bonne grâce, priant Notre Seigneur, Monsieur mon frère, vous donner très-bonne vie et longue (2) . De Trente, le XXVIIIe jour de janvier 1545. ”
Alexandre Dumas,
Le Comte de Monte-Cristo
“ Mon frère, dit-elle en attachant le sac de conscrit sur les épaules du Catalan, mon frère, mon seul ami, ne vous faites pas tuer, ne me laissez pas seule dans ce monde, où je pleure et où je serai seule dès que vous n’y serez plus. ”
Marc de L'Hermite, Lettres de Louis et de Marc L'Hermite… (1896)
“ A notre Mère, à nos Mères, à nos parentés, respectueux et affectueux souvenirs, Madame ma chère Soeur, Ton bon frère, MARC, O. M. I. + I. J. C. & M. I. Royaumont, 28 août 1889. CHÈRE SOEUR, Que la fleur de piété d'Amérique, sainte Rose de Lima, te fasse éprouver tous les effets de son bienveillant patronage! Je demanderai bien à la marraine de protéger sa pupille, et de t'obtenir tout ce qu'on peut souhaiter de biens spirituels à une Ursuline, et tout ce qu'il est permis à un frère, dans l'ordre des affections naturelles et chrétiennes, de demander pour une soeur qu'il aime. ”
Victor Hugo,
Les Misérables
(1862)
“ Une averse est un verre d’eau ; une pluie est tout de suite bue. Le matin tout ruisselait, l’après-midi tout poudroie. Rien n’est admirable comme une verdure débarbouillée par la pluie et essuyée par le rayon ; c’est de la fraîcheur chaude. Les jardins et les prairies, ayant de l’eau dans leurs racines et du soleil dans leurs fleurs, deviennent des cassolettes d’encens et fument de tous leurs parfums à la fois. Tout rit, chante et s’offre. On se sent doucement ivre. Le printemps est un paradis provisoire ; le soleil aide à faire patienter l’homme. ”
