Auteur : Théodore de Wyzewa

Résumé

Auteur : Théodore de Wyzewa Revue des Deux Mondes

Dans un coin d’atelier, à Venise, un gros livre à images assidûment feuilleté : il n’en a pas fallu davantage pour nous valoir la vision la plus « orientale » de l’Orient, peut-être, que la main d’un peintre ait jamais traduite.
Mais l’air et la lumière, mais l’étrangeté de cette vision ? Évidemment Carpaccio les a pris dans son propre cœur, ou, si l’on veut, dans le cœur de Venise, incarné en lui. Ce goût du détail singulier, notamment, qui nous frappe dans ses peintures, c’est un des traits les plus « vénitiens » de son génie artistique.
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Auteur : Théodore de Wyzewa Revue des Deux Mondes

Celle-ci, à la voir en personne, dépasse encore toutes les promesses du portrait interrogé par Peterborough chez le prince de Conti. « elle est grande, et formée admirablement ; son teint est d’une beauté merveilleuse, ses cheveux d’un noir de jais, de même que ses sourcils et ses yeux : mais ces derniers si pleins de lumière et de douceur qu’on en est, à la fois, ébloui et charmé. Et dans tous les contours de son visage, de l’ovale le plus gracieux qui puisse être rêvé, il y a vraiment tout ce qui peut être grand et beau chez une créature humaine. »
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Auteur : Théodore de Wyzewa Revue des Deux Mondes

Aucune peinture n’est, Dieu merci, plus exempte de visées philosophiques que celle du saint moine ; et quant au « parfum de piété » qu’elle semble nous offrir, je rappellerai seulement qu’on a cru, longtemps, reconnaître un parfum analogue dans l’œuvre du mécréant avéré qu’est le Pérugin.
Fra Angelico a été, tout ensemble, un grand peintre et un saint : et nous nous félicitons de pouvoir désormais le connaître sous ce double aspect. Mais ni sa science de peintre ni sa sainteté ne suffisent, décidément, à nous dévoiler le secret de son œuvre.
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