Résumé

Catherine Baker Pourquoi faudrait-il punir

Le châtiment peut-il disparaître ? Non, pas plus que la cruauté des hommes. Il réapparaîtra, s’il le faut, en dehors du droit pénal. Il est la condition de toute loi et la loi la condition de toute société. Mais rien ne nous empêche, vivant en société sans pouvoir y échapper, de nous élever contre ce qu’elle sécrète comme les punitions, la violence, le travail, l’argent. Pourquoi devrions-nous, réduits en cet esclavage, ne pas garder un esprit libre ? Nous pouvons bien regretter ce que devient ce monde et fièrement refuser notre aliénation.
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Catherine Baker Pourquoi faudrait-il punir

Si la liberté individuelle et collective était le bien suprême, la Justice ne s’abaisserait pas à se conduire comme n’importe quel délinquant qui abuse d’autrui. Un tel État affirme aujourd’hui l’impossibilité de respecter quelqu’un qu’on tient en son pouvoir : c’est une défense du crime.
Nous devons le répéter : l’enfermement à la merci de gardiens, les pires humiliations qu’un homme puisse vivre, la séparation d’avec ceux qu’il aime, en un mot la prison, tout cela est une torture.
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Catherine Baker Pourquoi faudrait-il punir

Et si par ailleurs la tentation de se venger reste commune, tout le monde n’y succombe pas forcément.
Sans pour autant ôter à un tiers supposé neutre le droit de grâce, on pourrait aussi le confier à toute victime qui voudrait gracier son agresseur, s’il était du moins possible qu’elle échappât aux pressions d’où qu’elles vinssent. En revanche, enfoncer des gens dans le lisier du ressentiment en leur donnant le droit de veto sur les adoucissements de la peine apparaît comme une turpitude qui flatte les plus rances des rancunes.
Personne n’est à l’abri de la haine ni de la bêtise.
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