Résumé

Charles Marchal Veillées sur terre et sur mer, par M. de Bussy (1857)

Le capitaine allait faire mettre le canot à la mer, lorsque le navire a disparu dans le lointain.
Encore un espoir qui nous échappe !
Neuf heures.
Il est nuit.
La lune, cette lampe du ciel, montre sa face mélancolique et pâle à travers les haubans.
Je suis sur le pont avec George, Juan et Thérèse. Depuis la mort de son enfant, celle-ci est bien triste à voir et toute blanche comme un linceul. Elle regarde avec indifférence tout ce qui se passe autour d'elle ; elle voit la hideuse famine s'approcher de nous sans pâlir; son âme intrépide et chrétienne méprise la mort.
Source : Gallica

Charles Marchal Veillées sur terre et sur mer, par M. de Bussy (1857)

Les vagues tombaient quelquefois sur notre navire et entraînaient quelque chose à la mer. Ah ! combien d'hommes n'a-t-on pas vu enlever ainsi !...
Le capitaine Beauvais s'était fait attacher à la roue du gouvernail, pour n'être point emporté. Cet intrépide marin restait calme et ferme dans le danger, son oeil d'aigle plongé sur l'abîme, ses mains crispées après la roue de fer, le front noblement serein, héroïquement impassible. Il n'est rien de beau comme de voir ainsi l'homme lutter avec les éléments : l'intelligence aux prises avec la matière, la force vaincue par l'adresse.
Source : Gallica

Charles Marchal Veillées sur terre et sur mer, par M. de Bussy (1857)

Dans une tempête, au moins, vous vous débattez contre la mort ; vous luttez avec elle ; vous faites des efforts pour vous opposer à la fureur des vents, au déchaînement des éléments, et dans cet état de violence et d'activité, votre coeur bat haut et fort, votre courage se fortifie et votre tête secoue fièrement les lames qui la couvrent ; votre âme se sent grandir dans le péril, et l'espoir ne vous abandonne pas de sauver vos frères; mais, en temps de calme, il n'y a rien, rien !... Il n'y a plus qu'à se coucher sur le pont, à fermer les yeux et à attendre la mort.
Source : Gallica

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