Résumé

Portrait de Charles de Mazade Charles de Mazade Les Frontières de l’Italie

Toutes ces vallées à travers lesquelles se précipitent d’innombrables cours d’eau descendant des Alpes, — l’Adda, l’Oglio, la Chiese en Lombardie, l’Adige, la Brenta, la Piave, la Livenza, le Tagliamento, l’Isonzo en Vénétie, — ces vallées sont manifestement italiennes en quelque façon par nature et par destination. Le littoral de Trieste lui-même n’est qu’un des côtés du golfe de Venise, sans rapport naturel avec les contrées transalpines. Toutes ces provinces, en un mot, semblent bien faites au premier coup d’œil pour se rattacher au groupe italien, à ce groupe si clairement circonscrit.
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De là est venue cette situation où, voyant se dresser à l’horizon cette frontière alpestre vers laquelle tend son ambition, l’Italie s’est sentie néanmoins arrêtée devant des territoires que ses armes n’ont point conquis, et où elle trouve des populations, des intérêts, des traditions, des habitudes dont une domination étrangère peut se servir comme d’un dernier point d’appui pour sa défense.
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Trieste devient le centre d’un immense mouvement d’affaires, avec l’Allemagne sans doute, mais pas plus avec l’Allemagne qu’avec d’autres et même moins. Alors aussi s’accentue de plus en plus la rivalité avec Venise, rivalité évidemment favorisée par l’Autriche. Ce que Venise perd, Trieste le gagne, si bien que, quelles que soient désormais les destinées politiques des deux villes, il est infiniment probable que rien ne sera changé dans les conditions économiques où la fortune les a placées l’une vis-à-vis de l’autre.
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