Résumé

E. de Warren Revue des Deux Mondes

Le 23 décembre 1840, M. de Bode partait de Téhéran pour Ispahan et Schiraz. La première singularité qu’offre un voyage en Perse, c’est la manière même de voyager. Un Européen qui veut parcourir ce pays n’a pas le choix des modes de transport ; il faut qu’il voyage en cavalier, monté soit sur ses propres chevaux, ce qui est fort long, soit sur ceux de la poste, ce qui est extrêmement fatigant. Comme dans tous les états de l’Asie, vous ne trouvez sur la route, même dans les grandes villes, ni un hôtel garni, ni une auberge, ni même un cabaret.
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E. de Warren Revue des Deux Mondes

La ville de Behbehan, qu’on atteint après une pénible marche de seize lieues, est célèbre par ses teinturiers. Les habitans ont pour le mélange des couleurs un secret qui en assure la finesse et la durée, secret dont ils sont par conséquent fort jaloux. Le sol autour de Behbehan est riche et bien arrosé ; il ne lui manque pour donner de beaux revenus à la Perse qu’une population suffisante pour tirer parti de la terre, et surtout une administration plus intelligente et plus stable. La végétation est magnifique et très variée. On remarque dans les jardins les arbres de l’Europe et de l’Asie.
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E. de Warren Revue des Deux Mondes

On voit en Perse de ces arbres qui comptent plus de chiffons que de feuilles.
Comme contraste à cette rudesse patriarcale, M. de Bode remarqua la bonne tenue des femmes ilyats. Il attribue cette supériorité d’un sexe que les coutumes orientales et musulmanes ont plus ou moins dégradé dans le reste de l’Asie à la liberté qui est inséparable de la vie nomade. La confiance qu’on lui témoigne élève la femme ilyat dans sa propre estime, et le sentiment qu’elle a de sa dignité se communique à ceux qui l’entourent.
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