Edmond Courbaud

Résumé

Edmond Courbaud Revue des Deux Mondes

L’art doit lui venir en aide pour lui prêter les ailes qui lui manquent. Il faut créer par l’imagination une humanité plus belle que celle qui existe, et achever ainsi l’œuvre des dieux. Chez les plus grands hommes de la Grèce, les meilleures qualités sont demeurées incomplètes. Ils ont montré, au cours de leur existence, ce qu’ils auraient pu être sans les bornes imposées à leur nature, beaucoup plutôt qu’ils n’ont réalisé tout ce qu’ils portaient en eux. De même, leur être physique, leur visage n’a traduit qu’imparfaitement le vrai fond de leur âme.
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Edmond Courbaud Revue des Deux Mondes

« Rome ! Rome ! là est la vie, là est la lumière ! » Horace aussi, que nous venons d’entendre souhaiter avec tant de passion la campagne, soupire surtout après elle quand il est à la ville. Il en fait l’aveu : « Dès que je suis à Tibur, je désire être à Rome. » Tel fut le sentiment général des Romains de l’Empire. Les écrivains, lorsqu’ils font l’éloge d’une villa, ont bien soin de mettre au nombre de ses avantages la proximité où elle est des sept collines et la facilité des communications pour s’y rendre. Quatre milles seulement séparent Tibur de Rome, et c’est un grand mérite.
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Edmond Courbaud Revue des Deux Mondes

De fait rien n’est plus éloigné de ce que nous appelons un portrait. Ce qui pour nous est le fond même du genre, c’est le caractère individuel de la figure, la ressemblance avec le modèle. Or en Grèce, ces anciennes images sont des types généraux et conventionnels, d’une entière impersonnalité. Est-il donc possible de parler encore de portraits ? Oui, car là, c’est l’intention seule qui compte. Y a-t-il ou intention de représenter des personnages ayant réellement vécu, non point une figure humaine quelconque, mais tel athlète, tel stratège ou magistral, tel poète ou philosophe ?
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