Résumé

F. Darbois Traité théorique et pratique de la contrainte par corps en matière criminelle… (1880)

La contrainte par corps n'est point une peine, et c'est par une métaphore outrée qu'on a pu la qualifier de torture. Elle n'a point été établie pour sauvegarder les intérêts purement privés ; l'intérêt de la morale publique qui réprouve le dol et la fraude, et l'intérêt du crédit commercial qui exige le respect des conventions, ont fait admettre et maintenir parmi nous cette voie d'exécution. Sans doute, la liberté est un bien infiniment précieux, mais le droit de la personne humaine, si sacré qu'il soit, doit s'incliner devant le droit de la société.
Source : Gallica

F. Darbois Traité théorique et pratique de la contrainte par corps en matière criminelle… (1880)

Il faut assurément critiquer le système adopté par les lois de 1832, de 1848 et de 1867, pour le calcul de la durée de la contrainte par corps. Pourquoi en effet faire une masse de l'amende, des restitutions, des dommages-intérêts et des frais, et fixer d'après ce total la durée unique de la contrainte ? Voilà quatre chefs de condamnation de nature différente; le créancier de l'amende n'est point, en général, le créancier des restitutions et des dommages-intérêts; chacun d'eux a un droit distinct auquel il semble que doive correspondre une garantie distincte.
Source : Gallica

F. Darbois Traité théorique et pratique de la contrainte par corps en matière criminelle… (1880)

Voici sur quels motifs s'appuie le savant arrêtiste pour rejeter la fixation de la contrainte au minimum légal: « S'il est de l'intérêt de l'État ou de celui de la partie civile d'obtenir un emprisonnement de plus longue durée, la faute ou l'inadvertance du juge ne peut les priver de leur droit, ni faire jouir le condamné d'une faveur que le juge ne voulait pas lui accorder peut-être ou qu'il ne méritait pas. » Cette considération, qui justifie fort bien le recours par les voies hiérarchiques ordinaires, n'a plus aucune portée dans l'hypothèse d'un jugement passé en force de chose jugée.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature