Résumé

Joseph-Louis Crivelli Commentaire sur la loi du 17 avril 1832 relative à la contrainte par corps (1832)

Il n'est pas possible, en effet, d'admettre l'existence de la contrainte personnelle, sans y attacher naturellement une idée de pénalité. Cette sorte de contrainte, quelle que soit la douceur des formes qu'on y emploiera, annonce toujours une violence faite à l'individu contre lequel elle est exercée; et la violence est le signe le moins équivoque de la peine. L'exécution dont le débiteur est l'objet, et l'appareil qui l'accompagne , sont déjà un véritable châtiment qui l'atteint dans toute sa personne et dont son âme est douloureusement affectée.
Source : Gallica

Joseph-Louis Crivelli Commentaire sur la loi du 17 avril 1832 relative à la contrainte par corps (1832)

Le principe de la non-rétroactivité ne s'applique qu'aux droits eu eux-mêmes, et non au mode de les exercer. Les droits une fois acquis sont hors de la puissance du législateur ; leur exercice, au contraire, peut varier, être soumis à des formes nouvelles, rester indifféremment sous l'empire de la loi ancienne ou passer sous l'empire de la loi nouvelle. Il n'y a pas ici lésion d'un droit acquis, puisqu'il y a respect pour l'engagement contracté. La loi nouvelle ne fait qu'en régler, qu'en modifier l'exécution, en conciliant le droit du créancier avec le droit plus sacré de l'humanité.
Source : Gallica

Joseph-Louis Crivelli Commentaire sur la loi du 17 avril 1832 relative à la contrainte par corps (1832)

Mais la loi devrait également, à l'égard de ceux-ci comme à l'égard du débiteur qui ne paie pas ce qu'il doit, laisser au juge un pouvoir discrétionnaire, en vertu duquel il aurait la faculté
d'apprécier les circonstances et d'accorder la contrainte dans de justes limites; ou de la refuser, selon qu'il jugerait que la peine est méritée, ou qu'elle lui paraîtrait ne devoir produire d'autre résultat que celui de satisfaire la passion du créancier.
Lorsqu'une peine est appliquée avec discernement, l'homme lui-même qui est condamné à la subir n'élève aucune plainte contre ses juges.
Source : Gallica

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