Jean-Baptiste-César Coin-Delisle

Résumé

Jean-Baptiste-César Coin-Delisle Commentaire analytique du Code civil… (1843)

La liberté individuelle est sacrée, mais la chose jugée l'est plus encore : on la respecte dans les décisions qui touchent à l'état des hommes ; on la respecte quand elle dispose de l'honneur et de la vie des citoyens, matières bien plus importantes qu'un emprisonnement temporaire auquel le débiteur de bonne foi peut toujours échapper par la cession de biens.
Le maintien de la chose jugée est donc la règle générale : dès lors il ne peut subir d'exception, en matière de contrainte par corps, qu'autant que la loi apporterait en cette matière une exception à la règle générale.
Source : Gallica

Jean-Baptiste-César Coin-Delisle Commentaire analytique du Code civil… (1843)

Mais la condamnation aux dépens n'est pas la peine de la nullité ; c'est la peine de son opiniâtreté à soutenir une arrestation vicieuse. Les dommages-intérêts, rarement accordés, seront moins la peine de la nullité que des vexations qui l'auront accompagnée. Au surplus, il ne s'agit pas de punir le créancier, mais de le contraindre à réparer sa faute. Or, sa faute ne sera réparée qu'autant que le débiteur sera remis envers lui dans le même état qu'avant l'arrestation, c'est-à-dire, qu'il sera sorti de prison, et qu'il aura joui des délais du commandement.
Source : Gallica

Jean-Baptiste-César Coin-Delisle Commentaire analytique du Code civil… (1843)

Le prêt sans écrit est toujours un acte de confiance, d'abandon, qui n'a lieu que dans l'intimité, et certes celui qui donne ainsi son argent prête plus à l'ami qu'au commerçant, plus à la personne qu'à la profession. Notre opinion n'a donc rien de rigoureux pour le créancier non commerçant qui a suivi la foi d'un ami, et qui n'a pas dû compter sur la contrainte par corps, quand il négligeait même d'obtenir les moyens de prouver sa créance.
Source : Gallica

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