Résumé

Portrait de Gabriel de La Landelle Gabriel de La Landelle Aventures d'un gentilhomme... par G. de La Landelle… (1867)

La tristesse d'Ermel s'était calmée par degrés, la sienne ne pouvait durer davantage.
Pendant les premières journées de route, la sérénité du jeune gentilhomme se troubla souvent; tout à coup un nuage passait sur son front, il soupirait et se détournait. Le serviteur alors se gardait d'interrompre sa rêverie, et se prenait à songer comme lui aux bois de Rosven, à la métairie, et à la fille de Jean du Gavre, Jeanne la brune, qui lui avait fait compliment de son uniforme de voltigeur.
Les voyageurs de la patache engagèrent de vives discussions politiques
Source : Gallica

Portrait de Gabriel de La Landelle Gabriel de La Landelle Aventures d'un gentilhomme... par G. de La Landelle… (1867)

Or, ce fut entre les deux attaques principales qu'un bataillon de grenadiers reçut l'ordre de se poster en avant du bois. La position d'Ermel et d'Alain était épouvantable.
En face d'un danger si pressant, le serviteur n'hésite plus. Sans rien ajouter, il charge de nouveau son maître sur ses épaules. D'une main il le soutenait, de l'autre il s'appuyait sur sa carabine comme sur un bâton. Ses jambes faiblissaient, le sang qu'il avait perdu, l'émotion, la fatigue lui enlevaient une partie de sa vigueur ordinaire.
— Alain, mon pauvre Alain, laisse-moi, je t'écrase, disait Ermel.
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Montreuil fut péniblement affecté, le capitaine ne dit pas combien il regrettait le jeune gentilhomme ; Antonio vit bien que la perte d'Ermel l'affligeait; car, dans son intérieur, le vieil officier ne dissimulait plus autant ses impressions et semblait véritablement triste, bien qu'il stimulât encore la gaîté de ses voltigeurs.
Les danseurs de la compagnie regrettèrent leur premier violon. On eut le bon goût de ne jamais renouveler la plaisanterie des deux chansons révolutionnaire et aristocrate; on continua du reste à se battre le matin, à se reposer l'après-midi et à s'amuser le soir.
Source : Gallica

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