Résumé

Georges Lyon Revue des Deux Mondes

« Comment connaissez-vous M. Jacquet ? — Comme je connais tout le monde à Lille ; mais j’ai (ici je forçais les choses) de bonnes relations avec sa famille. D’ailleurs, le sort de M. Jacquet tient toute la ville haletante. » L’officier laisse tomber l’entretien. Je prends congé de lui, non sans lui poser cette question dernière : « Est-il permis du moins de garder encore quelque espoir ? » Pas de réponse. Ce silence obstiné aurait dû m’éclairer sur l’inutilité de ma visite. Mais l’esprit humain est un infatigable sophiste quand il s’agit pour lui d’espérer contre toute apparence.
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Je voudrais pouvoir m’associer sans réserve au témoignage de Mme Jacquet, si honorable pour l’avocat militaire Meyer. Mais il est un mot de lui qui me ferait rabattre de cet éloge. Au cours d’une conversation, il lui échappa de dire : « M. Jacquet aurait dû se rendre à la Kommandantur et déclarer simplement qu’il abritait chez lui un aviateur anglais ; celui-ci en aurait été quitte pour devenir prisonnier de guerre ! » Et la noble femme de répondre : « Mais vous-même, dans votre pays, auriez-vous commis cette action, indigne d’un patriote ? » L’officier Meyer avait gardé le silence.
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Rien n’aura été épargné pour terroriser les habitants. Sur divers points sont braquées des mitrailleuses, les gueules tournées vers la ville, pour lui signifier les répressions imminentes à la moindre velléité de résistance. De toutes parts affluent les détails poignants. C’est le quartier le plus excentrique de Lille, celui de Fives, qui s’étend par delà l’enceinte, quartier rempli par une population ouvrière, qui a été le théâtre de la première « journée. » On ne compte pas les scènes sinistres.
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