Résumé

Henri Blerzy La Révolution dans une ville de province

C’était au surplus une conséquence du droit nouveau que chacun admettait, et que l’assemblée d’élection du bailliage de Troyes venait de formuler dans une de ses délibérations : « personne n’est député de droit aux états-généraux ; il n’y a ni dignité, ni charge, ni emploi qui donne ce droit ; on ne peut l’être que par voie d’élection. »
L’étude des cahiers que fournirent les communes et les corporations ne donne pas une mauvaise impression de ce qu’était le tiers-état à cette époque ; on en conclurait plutôt que la nation était mûre pour un gouvernement plus libéral.
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Henri Blerzy La Révolution dans une ville de province

« Tout petit bourgeois a dans sa ville son petit office comme chaque moine a le sien dans son cloître. Ces petits offices s’adaptent comme une chaussure aux petites facultés de ces petits bourgeois, facultés purement pécuniaires, à l’exclusion des intellectuelles, qui n’entrèrent jamais dans ces sortes de marchés. » Grosley exagère, dira-t-on ; que l’on se souvienne que la mairie de Troyes, rendue charge héréditaire en 1693, fut vendue alors 50,000 livres, et que la ville la reprit treize ans après en indemnisant le titulaire.
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Henri Blerzy La Révolution dans une ville de province

Le plus certain est qu’en ces trois années la révolution s’était opérée, qu’une société jusqu’alors passive s’était ouverte à la vie politique, que le pouvoir était passé en d’autres mains. En même temps la centralisation s’était établie. Dans ce qu’il nous reste à raconter, le département de l’Aube et son chef-lieu n’ont pour ainsi dire plus d’histoire, parce que ce qui s’y passe n’est qu’un pastiche anodin de ce qui se passe à Paris. L’histoire de la terreur à Troyes n’a rien des horreurs par lesquelles s’est signalée cette sinistre époque en d’autres provinces.
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