Henri d' Alméras

Résumé

Henri d' Alméras Le Tartuffe de Molière (1928)

Par bonheur pour Molière, ces appuis, plus précieux qu'éclairés en général, ne lui manquèrent pas.
A toutes les époques, quand une pièce, pour des raisons de politique ou de morale, est menacée ou frappée par la censure gouvernementale, le nombre de ses admirateurs et de ses partisans s'accroît. Le snobisme, qui en France se mêle à tout, entre en jeu, avec l'esprit d opposition, avec l'attrait du fruit défendu, avec le désir de se montrer, sans trop de risques, indépendant et frondeur, avec la curiosité de voir ce que ne peuvent voir que des privilégiés et ce qu'il est de bon ton d'avoir vu.
Source : Gallica

Henri d' Alméras Le Tartuffe de Molière (1928)

Tous deux, le mari et la femme, végétaient en province lorsque Molière les connut et les recueillit.
De Croisy était un homme de haute taille, de forte corpulence et de belle mine. Lorsque, en 1664, son directeur le chargea du rôle de Tartuffe, fait un peu pour lui, le rôle se ressentit, et on ne pouvait guère l'éviter, du physique de l'acteur. On eut un hypocrite râblé, monté en couleur, très amateur de bonne chère et qui n'avait pas du tout l'air de vivre d'abstinence et de s'abreuver d'eau bénite. Rien ne ressemble moins à un Basile ou à un Rodin.
Source : Gallica

Henri d' Alméras Le Tartuffe de Molière (1928)

Au moindre bruit qui court qu'un auteur les menace De jouer des bigots la trompeuse grimace
Pour eux un tel ouvrage est un monstre odieux : C'est offenser les lois, c'est s'attaquer aux cieux. Leur cœur qui se connaît et qui fuit la lumière,
S'il se moque de Dieu, craint Tartufe et Molière.
Boileau ne semble pas s'être douté que ce n'étaient pas seulement des haines religieuses qu'avait suscitées Molière, et qu'il avait d'autres ennemis que les dévots.
Source : Gallica

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