Résumé

J. M. Revue des Deux Mondes

Tournons les yeux vers l’orient, vers le centre de l’Europe. Le bruit se répand que la garde impériale a quitté Pétersbourg pour se rapprocher de la Vistule ; les informations officielles confirment l’entrée des Russes en Transylvanie. Ce sont là des événemens pour le moins aussi graves que ceux de l’Italie ; ce sont peut-être des dangers plus directs et plus irrémédiables. La Russie est la seule puissance en Europe qui soit à même de risquer des guerres de fantaisie, et elle ne sort jamais de chez elle que quand il y a quelque chose à gagner.
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J. M. Revue des Deux Mondes

« Prêtez l’oreille, écoutez, écoutez le bruit qui se fait ; Posez la main sur la terre ; sentez-vous ce tressaillement ? C’est la Hongrie, c’est Panslavisme qui se mettent en marche ! »
Ces belles métaphores ne laissent pas assurément de flatter les citoyens auditeurs d’un banquet à 1 franc 25 centimes, et la vérité toute nue ne les enchanterait pas autant que de si harmonieuses fictions ; mais nous autres, qui avons l’imagination moins vive, nous résistons au charme du langage, et nous cherchons le sens de la conduite.
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J. M. Revue des Deux Mondes

Les révolutions qui se culbutent chacune à leur tour éteignent le sentiment du droit dans les cœurs : le droit d’hier n’est pas celui de demain ; la fête, par exemple, qu’on célèbre aujourd’hui glorifie des héros qui le jour d’avant auraient été des criminels, et M. Lagrange était tout-à-fait dans la vérité de notre temps, quand il soutenait à propos de la discussion des incapacités électorales qu’il n’y avait pas de crime en politique. S’il n’y a de crime nulle part, où donc est le devoir ?
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