Jean de Ruffi de Pontevès

Résumé

Jean de Ruffi de Pontevès Souvenirs de la colonne Seymour… (1912)

Une vive émotion s'empare de chacun. De nouveau je cours du connu dans l'inconnu. Dans un instant la seconde porte de Chine, les forts de Tien-Tsin, sera franchie. Cette double porte formidable peut nous être fermée d'ici peu, nous isolant du monde civilisé... Derrière nous seront les forts menaçants de Tien-Tsin et de Takou ; devant nous, la colossale muraille de Pékin.
Le chef de gare, un Chinois, donne le signal du départ : par-dessus les cris des coolies, nos hurrahs retentissent; nous acclamons la gloire qui nous apparaît planant sur le champ d'honneur des batailles.
Source : Gallica

Jean de Ruffi de Pontevès Souvenirs de la colonne Seymour… (1912)

Le calme de la nuit s'étend bientôt sur toute chose. Le silence n'est troublé que par le sifflement de quelques balles ; l'artillerie ennemie ne gronde plus.
Les incendies allumés autour de nous par les Boxeurs sont plus nombreux qu'hier. Pas un village qui ne soit embrasé. L'ennemi, craignant que la colonne ne lui échappe à la faveur de la nuit, l'enserre dans un cercle de flammes de moins d'un kilomètre de rayon. Il semble que nous soyons sur une épave, sans ressource, perdus au milieu des hautes vagues phosphorescentes d'une mer de feu.
Source : Gallica

Jean de Ruffi de Pontevès Souvenirs de la colonne Seymour… (1912)

A 10 kilomètres au-delà du pont, sur le talus du chemin de fer, au milieu de la désolation de l'étendue morne, sont la locomotive et les wagons découverts du train V. En queue de ce train, des formes blanches s'agitent derrière les choses noires qui sont les wagons. Ce sont les marins allemands qui réparent la voie. Et c'est étrange,
ce petit îlot plein de vie, perdu au centre de la plaine lugubre où tout dort, où tout, animaux et plantes, a été tué par le soleil torride.
Source : Gallica

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