Résumé

Jo Ginestou Djibouti. Au seuil de l'Orient… (1932)

Partir... Canal de Suez, oeuvre du Grand Français de Lesseps, triomphe du génie humain sur le sable envahisseur qui de chaque côté s’étale à l’infini, rayé par les caravanes de chameaux, tandis que sur les berges s’immobilisent les innombrables ibis, muraille rose qui parfois s’envole lentement dans le ciel bleu.
Suez, l’ancienne Arsinoé, évocatrice de légendes; le mont Sinaï dominant majestueux, l’azur; la Mer Rouge, le Golfe d’Aden; la Côte Française des Somalis allongée au grand soleil avec Djibouti la blanche dont les maisons cubiques surgissent de l’immensité des sables.
Source : Gallica

Jo Ginestou Djibouti. Au seuil de l'Orient… (1932)

Je sais bien qu’avec cette tendance que l’on a trop souvent en France à regarder obliquement les problèmes et à se cacher à soi-même leur véritable sens et toute leur portée d’avenir, on joue sur les mots; on parle d’une enclave, d’une enceinte réservée aux marchandises en provenance d’Abyssinie, ou s’y rendant; on invoque l’intangibilité du patrimoine français acquis par tant d’efforts et de peines. Tous ces détours sont superflus. Le jour où on laissera l’Abyssinie prendre pied à Djibouti, on peut considérer que ce port sera perdu pour nous, et perdu à tous les points de vue.
Source : Gallica

Jo Ginestou Djibouti. Au seuil de l'Orient… (1932)

Comme il est heureux pour l’Abyssinie qu’elle ne constitue qu’un pion sur l’échiquier de la politique mondiale de chacune des trois grosses puissances et que ce pion ne soit déplacé qu’en fonction de vues diplomatiques plus lointaines ou plus générales, car que pourrait-elle faire contre une action commune combinée des trois puissances « protectrices » ; il y a beau temps que l’indépendance de l’Ethiopie ne serait plus qu’un vain mot, tandis qu’aujourd’hui encore ce pays peut se vanter d’être un des derniers pays libres de l’Afrique moderne.
Source : Gallica

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