Résumé

Jules Favre Sixième procès du "Précurseur"… (1833)

Mais de grâce, Messieurs les jurés, y avez-vous bien pensé? Vous êtes pères de famille, et vos enfans peuvent tomber sous le bâton obscur de la police, sans que vous ayiez le droit de vous plaindre ! Vous êtes contribuables, et vous avez payé pour solder l'assassinat de vos concitoyens ! Et quand vous punissez la moindre violence commise contre les personnes, vous nous puniriez aussi, nous qui avons dénoncé ces infamies! Oh! non, vous ne le pouvez pas, sans vous faire les apologistes du meurtre : vous ne le pouvez pas, Messieurs de la cour; le ministère public ne le peut pas davantage !
Source : Gallica

Jules Favre Sixième procès du "Précurseur"… (1833)

Je prends pour juge tout homme de bonne foi : si le Précurseur n'a rien changé à l'inflexibilité de ses principes, au moins conviendra-t-on qu'il a renoncé à ces formes acerbes qu'on pouvait auparavant lui reprocher quelquefois : au moins lui doit-on rendre cette justice que son langage s'adresse plus à la raison qu'aux passions. Ainsi , il a puisé dans l'adhésion du jury des leçons de modération et de dignité. Il en sera de même toutes les fois que le jury interviendra entre le pouvoir et la presse.
Source : Gallica

Jules Favre Sixième procès du "Précurseur"… (1833)

M. Vidocq n'est point une abstraction , ni une majesté invisible : car il tire fort bien sur les gardes nationaux , et fait des répétitions de pillage , pour exercer sa bande et tricher les voleurs. Eh bien ! si la presse le désigne comme un échappé des bagnes , elle aura excité à la haine et au mépris du gouvernement du roi. Car le gouvernement qui s'appuie sur de tels rebuis, ne mérite point l'estime et l'affection des honnêtes gens. Voilà donc la presse enchaînée !
Source : Gallica

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