Résumé

Le tombeau de Pierre Louÿs (1925)

Pierre Louys ne regrettait rien. Ses scrupules étaient différents. Il pouvait se plaindre d'être mal compris ; c'est le sort de la plupart des œuvres littéraires de n'être pas comprises tout de suite ; mais il ne se reprochait rien. Seulement, il avait arrêté là son œuvre, — œuvre de jeunesse, ne l'oublions pas non plus, malgré sa perfection. A l'heure de sa maturité, il rêvait d'un nouveau livre auquel il s'attacha sans retard : Psyché, la fameuse Psyché dont le titre seul marque l'intention nouvelle, Psyché, l'œuvre de sa vie et de son sang.
Source : Gallica

Le tombeau de Pierre Louÿs (1925)

Puis quand l'œuvre des jours surgit de leur silence, Exalte alors le monstre obscur que tu poursuis ;
Fais rugir de ton vers le lion sur ta lance.
Le premier qui fut Dieu savait dire : « Je suis ».
Et dans la Poétique :
« Le Verbe seul est illustre.
» Pas d'orgueil sur vos têtes. Chassez même la gloire de votre maison. Silence autour de vous. Solitude. Fierté.
» Mais la fierté ! Jurez qu'elle vous tient ferme ! Jurez qu'elle est incorruptible, qu'elle vous arme à jamais contre la misère, l'amour et la mort. »
Source : Gallica

Le tombeau de Pierre Louÿs (1925)

C'est un dieu qui ne fait que des miracles ; le reste lui importe fort peu. Tous les artifices de l'art lui sont agréables. Il inspire comme tous les dieux l'esprit de renoncement et de sacrifice, et la foi que l'on met en lui donne un sens universel et précis à l'orgueil pur et naïf dont ne peut se passer la production des chefs-d'œuvre. Le martyr et l'élu de ce dieu, l'artiste, place nécessairement toute vertu dans la contemplation et le culte des choses belles, toute sainteté dans leur création. Voilà ce que ne pouvaient soupçonner le plus grand nombre des lecteurs de Pierre Louys
Source : Gallica

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