Lebrun, Oeuvres de Malherbe : poésies et prose… (1845)
“ J'aime à voir leur vieillesse illustre Cueillir des lauriers et des fleurs. Ma lyre aussi n'est point muette : Le Pinde a répété mes vers. Liberté, je fus ton poète ; Amour, je célébrai tes fers. Mes jeunes pas suivaient les traces Des dieux, de Gnide et de Claros. Je puis encor chanter les Grâces ; Et je chante encor les héros. Là, je soupire avec Tibulle; Là, Tyrtée enflamme ma voix : Ici, je lance avec Catulle Les traits malins de son carquois. Si dans mes yeux moins diaphanes Le jour ne brille qu'à moitié, Heureux, je vois moins de profanes : J'en suis plus cher à l'amitié. ”
