Résumé

Lebrun Oeuvres de Malherbe : poésies et prose… (1845)

J'aime à voir leur vieillesse illustre Cueillir des lauriers et des fleurs.
Ma lyre aussi n'est point muette : Le Pinde a répété mes vers.
Liberté, je fus ton poète ; Amour, je célébrai tes fers.
Mes jeunes pas suivaient les traces Des dieux, de Gnide et de Claros.
Je puis encor chanter les Grâces ; Et je chante encor les héros.
Là, je soupire avec Tibulle; Là, Tyrtée enflamme ma voix : Ici, je lance avec Catulle Les traits malins de son carquois.
Si dans mes yeux moins diaphanes Le jour ne brille qu'à moitié, Heureux, je vois moins de profanes : J'en suis plus cher à l'amitié.
Source : Gallica

Lebrun Oeuvres de Malherbe : poésies et prose… (1845)

Ils font le plus beau de l'histoire D'un héros en tous lieux vainqueur, D'un frère. Mais le ciel, avare De ce don si cher et si rare, L'a trop tôt repris aux humains.
C'est à vous seuls de l'en absoudre, Trônes ébranlés par sa foudre, Sceptres raffermis par ses mains.
Non moins grand, non moins intrépide On le vit, aux yeux de son roi, Traverser un fleuve rapide , Et glacer ses rives d'effroi.
Tel que d'une ardeur sanguinaire Un jeune aiglon, loin de son aire Emporté plus prompt qu'un éclair , Fond sur tout ce qui se présente, Et d'un cri jette l'épouvante Chez tous les habitants de l'air.
Source : Gallica

Lebrun Oeuvres de Malherbe : poésies et prose… (1845)

ODE.
Qu'il est un légitime orgueil ; que l'àme porte en soi la conscience de sa destinée ; et que les périls d'une noble audace sont préférables à une sûreté vulgaire.
Accours, divine Polymnie !
De tous les lauriers du génie Couronne l'orgueil de mes vers !
Que mon nom, fier de tes suffrages, S'envole, à travers tous les âges, Au dernier jour de l'univers !
Il est un orgueil légitime Qui, jaloux de ravir l'estime, Enflamme toujours un grand coeur; Et, pour vaincre dans la carrière,
Il faut même, dès la barrière, Sentir l'espoir d'être vainqueur.
Source : Gallica

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