Louis Auguste Bourguin

Résumé

Louis Auguste Bourguin La Perruque du philosophe Kant… (1863)

Abandonnée à elle-même, Carlotta devait céder aux pernicieuses suggestions de son amant. Orpheline presque en naissant, elle n'avait pas reçu les salutaires enseignements d'une mère. Blasius, d'après ses idées sur l'infériorité de la femme, s'était peu occupé de l'éducation de sa filles. Il la voyait obéissante, d'humeur égale, entendue aux choses du ménage, et croyait que cela suffisait. Il ne s'était jamais dit que la femme doit être la compagne de l'homme, son égale conséquemment par le coeur et, sinon par son instruction, au moins par son aptitude à tout comprendre.
Source : Gallica

Louis Auguste Bourguin La Perruque du philosophe Kant… (1863)

Blasius est depuis vingt ans professeur de philosophie à Heidelberg, et son nom n'est pas encore sorti de l'obscurité. Il est vrai que le vif éclat jeté par le philosophe de Koenigsberg a fait pâlir toute autre renommée. Maintenant que ce phare, qui pendant cinquante ans a illuminé l'Allemagne, est éteint, d'autres gloires vont pouvoir se produire. Blasius espère que la relique dont il vient de faire l'acquisition l'aidera puissamment à se hisser sur le piédestal de la célébrité.
Source : Gallica

Louis Auguste Bourguin La Perruque du philosophe Kant… (1863)

Blasius n'est pas riche. Depuis le commencement de son professorat, il a économisé une vingtaine de mille francs, qu'il destinait à la dot de sa fille Carlotta. Mais dans son coeur l'amour de la philosophie l'a emporté sur l'amour paternel. Le haut prix qu'il a dû mettre à la perruque de Kant, les frais du contrat, les gratifications et les indemnités qu'il a eu à payer, les dépenses d'un voyage fort long et fort coûteux, — car, entre Koenigsberg et Heidelberg, il n'y a pas moins de deux cent cinquante lieues, — ont à peu près épuisé la somme par lui si péniblement épargnée.
Source : Gallica

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