Louis Michelant

Résumé

Louis Michelant Le Tour du monde

La danse, ce plaisir également familier aux nations civilisées et aux tribus sauvages, est certainement un des passe-temps les plus populaires des îles Viti. Le chant sur lequel on la règle, habituellement d’un rhythme monotone, rappelle par ses paroles, soit un fait actuel, soi un événement historique ; les mouvements des danseurs sont d’abord lourds, puis animés, accompagnés de gestes des mains et d’inflexions du corps. Il y a toujours un chef de bande, et parfois on introduit dans le cercle un bouffon dont les grotesques contorsions provoquent de joyeux applaudissements.
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Louis Michelant Le Tour du monde

Aux Viti comme dans la Malaisie, il y a un dialecte purement aristocratique, notamment dans les îles de l’ouest, et on ne parle ni d’un membre de l’aristocratie, ni des actes les plus ordinaires de sa vie dans le langage usuel, mais uniquement dans un style figuré et hyperbolique. Cet hommage rendu à la supériorité des chefs se traduit à la fois par la parole et par l’action ; les hommes abaissent leurs armes, prennent les bas côtés des sentiers et s’inclinent humblement au passage d’un chef, et, en sa présence, tous gardent constamment l’attitude de la soumission.
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Louis Michelant Le Tour du monde

Ceux-ci, couverts de leurs plus riches ornements, portant en outre la massue ou la lance, accomplissent une suite d’évolutions diverses, marches, haltes, pas, qui feraient supposer aisément à un étranger qu’il s’agit plutôt d’un exercice militaire que d’une danse. À mesure que le divertissement approche de son terme, la rapidité s’accroît, les gestes prennent plus de vivacité et de violence, en même temps que les pieds frappent lourdement le sol, jusqu’à ce qu’enfin les danseurs hors d’haleine poussent le cri final : Wa-oo, et le mouvement s’arrête.
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