Résumé

Lucien Larcher Sous Metz : 8e régiment d'artillerie… (1910)

Des hommes viennent m'aider, mais je constate bientôt les symptômes de la fin. Le poil de Camail est trempé de sueur, la respiration se ralentit et, après une dernière ruade, la mort vient. Alors l'énervement auquel je suis en proie depuis si longtemps ne peut plus se contenir, et j'éclate en sanglots à côté de ma monture. Et ce n'est pas seulement Camail que je pleure. C'est le temps où la batterie intacte et puissante trottait sur les routes et dans les champs derrière le commandant Vignotti et le capitaine Oster.
Source : Gallica

Lucien Larcher Sous Metz : 8e régiment d'artillerie… (1910)

Au bout d'une heure, tout se calme; mais au point du jour, un troisième essai de retour de l'ennemi se produit, et la fusillade reprend. Le capitaine Oster et le lieutenant Oehmichen, la lunette aux yeux, observent le combat; on est prêt à tirer, mais les objectifs sont trop éloignés ou trop fugitifs pour que nous puissions placer nos obus.
Le fort de Saint-Julien et le fort de Plappeville envoient à l'ennemi leurs énormes projectiles. Vers midi, l'action s'éteint; les Prussiens ont échoué dans leurs tentatives de reprise de Ladonchamps et nos fantassins peuvent s'y fortifier.
Source : Gallica

Lucien Larcher Sous Metz : 8e régiment d'artillerie… (1910)

Mais au camp, le lieutenant-colonel de Montluisant et le commandant Vignotti nous attendent. Et qu'apprenons-nous ? Le lendemain 29, à 11 heures du matin, toutes les troupes du 6e corps doivent se rendre à Ladonchamps pour y être livrées à l'ennemi.
L'armée ne sera donc pas licenciée; elle est prisonnière de guerre. Nous nous étions leurrés d'un chimérique espoir. C'est la honte, la honte complète. Alors, nous donnons libre cours à notre désespoir, et, déprimés comme nous le sommes, par les privations et les souffrances morales et physiques, nous pleurons comme des enfants.
Source : Gallica

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