Marie-Louise Pailleron,
A la brebis sans tache
(1937)
“ Une sorte de frénésie s'empara de Juliette, si douce, et l'entraîna. Elle se dressa furieuse, transformée, pour une seconde en une autre femme, ou plutôt : une autre femme était en elle, armée de toute l'audace qu'elle n'avait pas, une femme qui prononçait des paroles déjà entendues... où donc? Elle les écoutait étonnée et continuait, portée par un torrent. « Vous n'y entendez rien ! Aucune femme n'est ce qu'elle paraît. Faut-il mettre l'univers au courant? ouvrir le confessionnal pour le monsieur ou la dame qui passe?... Cette lettre, écoutez-la, me croyez-vous capable de l'inventer? » ”
