Résumé

Portrait de Paul Bourget Paul Bourget Une nuit de Noël sous la Terreur

Mais je venais de revoir mentalement la scène de tout à l’heure : ma femme à l’agonie sur ce grabat que dominait le tableau de la « Naissance du Christ », avec sa muette éloquence, la Bouveron tremblante à la seule idée de ma visite chez le bourreau de son maître. Manquer de sang-froid, c’était trahir Henriette et mon hôtesse. Ce fut donc avec le calme le plus absolu que je sortis de ma poche le chiffon de papier qui me faisait Suisse et que je débitai mon histoire. Raillard m’écoutait en m’enveloppant, en me perçant toujours de ses formidables prunelles.
Source : Wikisource

Portrait de Paul Bourget Paul Bourget Une nuit de Noël sous la Terreur

J’y ai bien souvent pensé depuis lors, et j’ai détesté davantage la Révolution — toutes les Révolutions. Leur pire malheur est celui-là : d’un bourgeois qui eût été, comme Barnave un bon avocat, comme Bailly un bon académicien, comme Collot d’Herbois un bon acteur, peut-être, comme Louis David un bon peintre, comme ce Raillard un bon médecin, elles font un criminel par égarement d’orgueil, en le laissant libre de tenter l’application de ses utopies à même la vie, à même les autres hommes.
Source : Wikisource

Portrait de Paul Bourget Paul Bourget Une nuit de Noël sous la Terreur

Henriette était tout près d’achever le huitième mois de sa grossesse. Si elle allait accoucher avant terme, là, sous cette bise froide, sur cette neige gelée, loin de tout secours !... J’essayai de la soulever de terre pour l’emporter, où ?... où ? Vers la ville dont la silhouette toujours dressée sur l’horizon m’avait épouvanté tout à l’heure, et maintenant elle m’apparaissait comme l’asile où du moins ma bien-aimée aurait un toit pour protéger sa chair frissonnante, un lit pour étendre ses membres secoués par le grand travail, des langes pour recevoir notre enfant, s’il devait naître !
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature