Résumé

Pierre Boudeville La Jeunesse de Me Simian, par Pierre Boudeville (1867)

Le Bout-ras n'avait pu se dissimuler qu'il était devenu l'objet de l'attention générale ; il grommelait depuis quelque temps. Sans doute l'éclat de rire de Mlle Florette fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Il s'arrêta devant elle en la fixant avec deux yeux dont son capuchon dissimulait mal le défaut d'ensemble.
— Oh ! c'est bien zoli, mademoiselle, de rire ainsi du pauvre monde.
— Mon ami, lui dis—je, quand on est bâti comme toi, d'une certaine façon, on ne se montre pas aux processions.
— Je ne suis pas votre ami, et vous n'avez pas besoin de me tutoyer, monsieur Simian.
Source : Gallica

Pierre Boudeville La Jeunesse de Me Simian, par Pierre Boudeville (1867)

Oh! je sens bien que j'étais heureux alors; j'en avais la conscience, et lorsque Marius essayait de me sermoner sur la frivolité de mes goûts, je me rebiffais contre ses austères conseils.
— Tu n'y entends rien, lui disais-je ; retourne à tes cadavres, puisque c'est là ta passion; mais ne me reproche pas mon insouciance, c'est par elle que je suis heureux ; et, crois-moi, la vraie philosophie c'est de posséder le secret du bonheur.
N'avais-je pas un peu raison ? pourquoi imposer à la jeunesse les préoccupations de l'avenir ?
Source : Gallica

Pierre Boudeville La Jeunesse de Me Simian, par Pierre Boudeville (1867)

En tout ceci, le coeur a moins de part que la vanité. Si Mlle Florette n'était la fille d'une marquise, aurais-tu seulement fait attention à elle ? Je vous y prends, Monsieur le philosophe, vous voilà entiché de noblesse tout juste comme Monsieur votre père ; C'est une belle chose que le culte de l'égalité ; mais il n'empêche pas de payer son tribut à la faiblesse humaine.
Ce monologue me tint éveillé plus longtemps que je ne l'eusse voulu ; je me tournai et retournai vingt fois dans mon lit, appelant le sommeil et pestant
bien haut contre moi-même et contre Mlle Florette.
Source : Gallica

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