Société orientale

Résumé

Société orientale Revue de l’Orient

Parmi les traits qui caractérisent les peuples de l’Asie orientale, je veux dire les peuples appartenant à la race sino-mongole, il n’en est peut-être pas de plus saillant et de moins remarqué jusqu’à ce jour que l’absence du génie architectural, ainsi que du penchant à élever des édifices durables et grandioses. Ce besoin, si puissant chez toutes les autres nations, tant anciennes que modernes, d’élever à grands frais des monuments impérissables et des maisons solides, élégantes et commodes, est tout à fait inconnu aux Chinois, aux Annamites, aux Japonais et aux Coréens particulièrement.
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Pour nous, qui voyons chaque jour notre costume se modifier sous l’empire de la mode, cet inexorable tyran de la société civilisée, il paraîtra insignifiant de remarquer de quel côté on croise l’habit ; mais pour les peuples de l’Asie orientale, c’est un trait caractéristique par lequel ils se distinguent, et qu’il est d’autant plus important de signaler en ethnographie, qu’on peut s’en servir comme d’un jalon fort sûr dans les recherches sur l’origine et les affinités des différentes branches de la race mongole.
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Au commencement de ce siècle, un jeune Coréen ayant embrassé la religion chrétienne pendant son séjour à Pékin, où il était venu en ambassade, devint, pour ainsi dire, l’apôtre de son pays. À peine de retour en Corée, il commença à prêcher les dogmes qu’on lui avait appris en Chine, et en peu de jours il parvint à convertir un grand nombre de ses compatriotes. Chez un peuple ennemi de tout ce qui est étranger, une religion aussi nouvelle et aussi contraire aux passions devait rencontrer de grands obstacles et succomber dans la lutte.
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