Zulma Carraud,
Les métamorphoses d’une goutte d’eau
“ C’était un moulin qui venait de sauter avec son petit magasin à poudre. À cet instant même, un vieillard qui en sortait chargé d’un sac de poudre, fut enseveli sous un déluge de pierres qui s’étendit à une grande distance. La vachère, qui, assise au bord du canal, les pieds pendants au-dessus de l’eau, chantait en tricotant son bas, eut son immense bonnet triangulaire emporté par une pierre de taille, et n’éprouva d’autre mal que d’être renversée par la secousse. Les pauvres bêtes, stupéfaites, ne cherchaient point à fuir ; elles s’étaient roidies sur leurs jambes et semblaient attendre. ”
