Édouard de Perrodil

Édouard de Perrodil

Résumé

Portrait de Édouard de Perrodil Édouard de Perrodil A travers les cactus (1896)

Tout dort ou plutôt tout a fui cette plaine brûlée. Nul arbre, nul animal, nul passant. Le soleil seul règne dans ce désert.
Notre marche ne cesse de se ralentir. Pour ma part, je me sens épuisé par cette chaleur intense, et je n’avance plus que par une suite d’immenses efforts. Van Marke, plus gaillard, marche un peu en avant. Il m’encourage même en déclarant que Relizane ne saurait être éloignée ; mais, devant nous, la route blanche se perd toujours à l’horizon. Et la poussière nous enveloppe à chaque coup de sirocco : nuage aveuglant et qui prend à la gorge.
Source : Gutenberg

Portrait de Édouard de Perrodil Édouard de Perrodil A travers les cactus (1896)

A l’apparition de cette cohorte roulante, se précipitant sur eux, entourée d’un tourbillon de poussière, les chevaux prirent peur et bondirent ; ils bondirent de côté, se heurtant, ruant ou se cabrant. Ce fut un cri d’effroi général, car les chevaux barraient la route.
La triplette qui arrivait en tête ne put passer. Elle alla se heurter contre l’accotement et les triplettistes furent projetés violemment de côté ; mais, par bonheur pour eux, ils trouvaient un accotement couvert d’herbes, sans le moindre caillou. Ils se relevèrent indemnes, nul dommage à aucun d’eux, ni à la machine.
Source : Gutenberg

Portrait de Édouard de Perrodil Édouard de Perrodil A travers les cactus (1896)

Soudainement dédoublé, l’être physique entier se concentre en un moteur mécanique, qui agirait par lui-même, tandis que la partie immatérielle, se dégageant, jouit, avec une intensité centuplée, de tout ce qui l’environne.
On roulait, en apparence, luttant de vitesse ; en réalité, emporté par le vent. Tout passait devant nos yeux, bref et rapide, sur la route, car la campagne restait immense et nue. Les troupeaux seuls nous arrêtaient.
Balek ! Balek ! cri permanent, appel sans fin. Et le vent nous poussait, et la route s’allongeait. Mais qu’importe, nul travail, nulle fatigue, nul souci.
Source : Gutenberg

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