Arthur de Claparède

En Algérie (1896)

Résumé

Arthur de Claparède En Algérie (1896)

La ville neuve de Biskra n'est pas située, comme on se le figure en général, dans l'oasis de ce nom. Elle lui est seulement contiguë et occupe un périmètre assez étendu entre la gare au nord et les premiers palmiers de l'oasis au sud. Ses rues, qui se coupent à angle droit, forment une agglomération d'îlots de maisons n'ayant la plupart qu'un rez-de-chaussée ou tout au plus un étage avec un toit en terrasse. Le tout est construit en briques séchées au soleil, comme les maisons arabes, et passées au lait de chaux d'une blancheur éblouissante ou parfois teinté de rose pâle.
Source : Gallica

Arthur de Claparède En Algérie (1896)

On descend dans ces maisons basses et obscures comme dans des caves. Les murs lézardés, garnis d'une végétation fort drue, s'écroulent les uns après les autres. On a peine à concevoir que des êtres humains consentent à habiter de pareils décombres. C'est le ghetto le plus misérable et le plus sordide qu'on puisse imaginer, et l'existence de ce quartier, qui n'est pas la moindre curiosité de cette étrange ville, rappelle éloquemment les avanies, les vexations et les persécutions sans nombre auxquels les juifs ont été si longtemps en butte de la part des
Arabes.
Source : Gallica

Arthur de Claparède En Algérie (1896)

Les efforts faits ne seront pas stériles et finiront par produire de bons résultats. Que manque-t-il donc à l'Algérie pour prospérer? Des colons pour peupler son territoire encore désert sur une grande étendue, un peu plus d'esprit de suite, moins de routine et d'incurie administratives de la part des autorités. On parviendra certainement et dans un avenir peut-être rapproché à réaliser ces desiderata. « Le peuple, dit un proverbe arabe, ne demande que deux choses, la pluie et la justice. » L'une donne le pain, l'autre la paix sans laquelle il ne saurait y avoir ni progrès, ni colonisation.
Source : Gallica

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