Émile Daireaux

Résumé

Émile Daireaux Revue des Deux Mondes

Le pasteur a partout pour principe de se suffire à lui-même dans sa solitude, nous savons qu’il dédaigne s’il ne hait les arbres ; il dédaigne autant le travail ; les dépouilles et la chair de ses animaux doivent lui donner abri et subsistance ; c’est le triomphe de l’individualisme, au reste si fort à la mode dans les pays de colonisation, où nulle part le pasteur antique ne retrouverait le type social dédaigné de la tribu.
La seule de ces contrées qui, il y a vingt ans, possédât des troupeaux en nombre et eût un nom, comme pays d’élevage, était la pampa sud-américaine.
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Émile Daireaux Revue des Deux Mondes

Succès ou revers, le Français rapporte tout à la mère patrie : il se sent oublié par les siens, et cet oubli même double le désir de rentrer triomphalement. Les étreintes de l’adversité sont plus cruelles pour lui, parce qu’elle lui ferme le chemin du retour et que, par elle, l’émigration voulue devient exil forcé, qu’elle l’oblige à renoncer à quelque chose de plus précieux que les biens qu’il a perdus, à celui qu’il convoite avec passion, à cette douce et profonde émotion que donne, après une longue absence, le premier contact avec le sol de la patrie.
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Émile Daireaux Revue des Deux Mondes

Les cent mille Français qui forment aujourd’hui ce que l’on appelle la colonie française de La Plata ne diffèrent en rien des autres groupes, moins nombreux, répandus dans les diverses contrées du globe. A quelque classe sociale qu’ils appartiennent, quelle que soit la province de leur origine, leur éducation, ils pensent tous de cette manière. Ils conservent le culte des usages nationaux, se passionnent pour ce qui agite, élève ou compromet la patrie, savent qu’ils sont oubliés d’elle, et font, dans leur éloignement et leur obscurité, des efforts constans pour attirer d’elle un regard.
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