“ Mais lorsque l’aumônier lui dit d’une voix grave : — Voici, madame, la médaille d’or portant le nom de votre fils et qui ne laisse aucun doute sur l’identité de celui qui est là !... Elle défaillit et Georges la reçut dans ses bras : pâle comme une morte, elle fut transportée dans la voiture. Quand elle revint à elle, la tête appuyée sur l’épaule de son fils, elle éclata en sanglots. — Ne pleure plus, mère, murmura le jeune officier : de là-haut, il doit être content... Désormais il va reposer au milieu de nous... — Oh oui ! c’est ma seule consolation, et elle m’est douce au cœur... ”
Émile Driant
Résumé
Petit marsouin, d'Émile Driant, est un roman qui explore les enjeux de la vie militaire et les liens familiaux à travers le destin de Georges, un jeune officier de la Légion étrangère. Publié dans un contexte marqué par les conflits coloniaux, l'œuvre met en scène des personnages tels que le capitaine Cassaigne, le colonel Cardignac et les marsouins, soldats engagés dans des combats éprouvants.
Les thèmes de la vaillance, de la douleur et de l'émotion humaine émergent des dialogues et des scènes de bataille, comme celle où Georges reçoit la médaille de son frère tombé au champ d'honneur. Le récit, à la fois poignant et réaliste, reflète les tensions entre devoir et affect, ancrés dans l'univers rigoureux de l'armée française.
Citations de Petit marsouin (Émile Driant)
“ Elle aura été bien gagnée. — Non, dit Paul Augier, plus ému qu’il ne le voulait paraître, ne me louangez pas, mon enfant : je n’ai fait que mon devoir en signalant votre belle conduite. C’est la seconde fois que votre sang coule sur un champ de bataille, et vous avez seize ans ! Vous avez vaillamment gagné cette médaille, et j’en suis bien heureux. — Bono ! Bono ! dit Barka. Ti a raison, ma liéténant ! Vous dirai-je, mes enfants, l’émotion heureuse qui étreignit le cœur de Georges à la nouvelle qu’on lui apportait ainsi ? Vous vous en doutez bien, n’est-ce pas ? ”
“ Lentement, le soldat s’approcha, l’œil mauvais. — Donnez votre fusil au sergent et conservez votre baïonnette. Des mots d’indiscipline montèrent aux lèvres de Brochin ; mais, sous le regard fixe et volontaire de son lieutenant, il obéit. — Maintenant, suivez-moi ! Quand il ne furent plus qu’à quelques pas des bambous, le sergent et Mohiloff suivant de près : — Rousseau ! appela l’officier d’une voix forte. Alors, les tiges s’écartèrent et le déserteur parut. Au milieu de son visage hâve et creusé par la souffrance, son regard étincelait : il se fixa sur son ennemi et ne le quitta plus. ”
