“ D’où je conclurai : 1° Que la Révolution socialiste, anti-propriétaire et anti-privilèges prochaine ne sera faite ni par les gouvernements ni par les partis civilisés. 2° Que L’Individu, conscient de ses droits et maître de sa personne, pourra seul renverser les uns et les autres, conserver l’Humanité en la faisant passer de Civilisation en Socialisme, utiliser enfin les richesses et découvertes des sociétés, par un nouveau contrat. ”
Révolution socialiste
Définition et enjeux
Citations sur “révolution socialiste”
Albert Thomas, Histoire socialiste de la France contemporaine
“ La révolution qui, un jour ou l’autre, proche en tous cas, le renverserait, pourrait-elle prendre immédiatement un caractère socialiste ? Tout ce mouvement nouveau, où s’exprimaient plus ou moins vaguement les aspirations ouvrières, avait besoin, sinon d’être dirigé, au moins d être compris et éclairé ! A quelle minorité organisée et énergique incomberait la tâche de montrer la route, d’orienter les masses ? Par quels moyens, par quelles méthodes d’organisation, cette minorité pourrait-elle peu à peu organiser la masse vivante encore amorphe ? ”
Jean Jaurès,
Histoire socialiste de la France contemporaine
“ Mais ce que cette Histoire démontre, c’est que le socialisme a grandi dans la société née de la Révolution, parce qu’il a su tour à tour ou en même temps se répandre et se concentrer. Il a été tout ensemble dans la démocratie et au-dessus d’elle, et c’est la marque de la puissance vitale du prolétariat français qu’il n’ait pas succombé à la difficulté de cette tâche en apparence contradictoire mais, qu’au contraire, il s’y soit fortifié. Créer la démocratie en la dépassant a été, durant un grand siècle tourmenté et fécond, l’œuvre de la classe ouvrière. ”
René Moulin, Vers le redressement (1927)
“ Le terme logique de l'action socialiste, c'est la révolution. Alors que les radicaux entendent amender, améliorer l'état de choses existant dans le cadre de la société actuelle, le socialisme prétend, sur cette société gangrenée, pratiquer l'opération césarienne et la faire accoucher d'un monde nouveau. ”
Jean Jaurès,
Histoire socialiste de la France contemporaine
“ Et encore la deuxième période, celle qui va de Février 1848 à Mai 1871, du gouvernement provisoire à la répression sanglante de la Commune, est-elle trouble et incertaine. Déjà, il est vrai, le socialisme s’affirme comme une force et comme une idée ; le prolétariat s’affirme comme une classe. La Révolution ouvrière se dresse si menaçante contre l’ordre bourgeois que les classes dirigeantes coalisent contre elle toutes les puissances de la bourgeoisie et les propriétaires paysans affolés par le spectre rouge. ”
Jean Jaurès,
Histoire socialiste de la France contemporaine
“ Tous ceux qui gémissent sous le joug capitaliste ont compris que cette révolution avait un caractère socialiste ; s’ils portent le deuil de sa défaite, ils en célèbrent la victoire passagère qui leur donne les plus grandes espérances. ”
Albert Thomas, Histoire socialiste de la France contemporaine
“ Pour vous faire connaître plus complètement encore l’esprit des fondateurs, je dois vous dire que, dans nos réunions, nous avons été presque unanimes à reconnaître que nous n’étions pas prêts pour la révolution ; qu’il nous fallait encore un an, deux ans peut-être de propagande active par le journal, les réunions publiques et privées, et l’organisation des sociétés ouvrières, pour arriver à être maîtres de la situation et être assurés que la révolution ne nous échappera pas au profit des républicains non socialistes. ”
Anatole France,
Le Mannequin d’osier
“ Il faudrait que vous fussiez socialiste pour qu’il en allât autrement. Et quand vous le serez, sans doute ils le seront aussi. Les inégalités qui subsistent de l’ancien régime, vous les tolérez chaque fois qu’elles sont en votre faveur. Et vos adversaires de façade et d’apparence acceptent de leur côté les effets de la Révolution s’il s’agit de recueillir une fortune provenant de quelque vieil acquéreur de biens nationaux. Ils sont concordataires ; vous l’êtes aussi, et la religion même vous unit. ”
Jules Du Camp, Histoire de la Révolution de Février… (1850)
“ Le parti socialiste, formé d'une armée assez confuse des sectaires des diverses écoles réformatrices, lesquels prétendaient, et prétendent aujourd'hui plus que jamais, à une rénovation plus ou moins radicale de la société, par une nouvelle entente du travail et de la propriété. Le troisième de ces partis, enfin, ne saurait être mieux défini peut-être qu'en disant que ce qu'il recherche dans les révolutions, ce sont les révolutions elles-mêmes. Ce qui n'est que le moyen pour les autres, est le but chez lui. ”
Jean Jaurès,
Histoire socialiste de la France contemporaine
“ Les travailleurs et l’idée socialiste. Après une effroyable agonie qui a profondément troublé, ému la France entière, tout le monde civilisé, durant laquelle l’héroïsme des derniers combattants de la Révolution communaliste n’a été égalé que par l’acharnement, la furieuse cruauté des vainqueurs, « l’ordre règne », comme jadis à Varsovie. Paris socialiste est exsangue ; ce qui en reste est terrorisé ; la France semble plongée dans une torpeur inquiétante. ”
Jean Jaurès,
Histoire socialiste de la France contemporaine
“ Ainsi nous essaierons dans cette histoire socialiste qui va de la Révolution bourgeoise à la période préparatoire de la Révolution prolétarienne, de ne rien retrancher de ce qui fait la vie humaine. Nous tâcherons de comprendre et de traduire l’évolution économique fondamentale qui gouverne les sociétés, l’ardente aspiration de l’esprit vers la vérité totale, et la noble exaltation de la conscience individuelle défiant la souffrance, la tyrannie et la mort. ”
Albert Thomas, Histoire socialiste de la France contemporaine
“ Mais, si pendant ces premiers mois de 1870, les socialistes de l’Internationale prirent une part active à l’agitation politique, ils ne négligèrent point pour cela la tâche qui leur revenait en propre, la conduite des luttes ouvrières ni surtout l’organisation, sans laquelle, pensaient-ils, la Révolution ne pouvait être sociale. ”
Albert Thomas, Histoire socialiste de la France contemporaine
“ Les deux Congrès ont été et sont encore fort exploités par nos ennemis. Si vous voulez rendre la République odieuse et rebonapartiser les campagnes (l’immense majorité du peuple français) , vous n’avez qu’à parler de communisme, de collectivisme. Je vous l’ai dit de vive voix et je vous le répète : le tort de la plupart des ouvriers socialistes est de se considérer comme seuls souffrants des iniquités sociales ; oublier les travailleurs rustiques et parler de leur prendre la terre — ou de la donner à tous, ce qui est la même chose, — c’est les armer contre la Révolution. ”
Jean Jaurès,
Histoire socialiste de la France contemporaine
“ Le point de départ du socialisme, fils légitime de la Révolution française, a donc été la désillusion qui résulta de la persistance, malgré tout, de la misère, après les profondes réformes dont les uns avaient attendu plus qu’elles n’avaient donné, plus qu’elles ne pouvaient donner ”
Albert Thomas, Histoire socialiste de la France contemporaine
“ Selon la forte parole de Marx, au moment où il se retirait, en septembre 1850, du comité central de la société communiste allemande de Londres, « au lieu que ce soient les rapports véritables, c’est la simple volonté qui devient alors le moteur de la révolution... Comme les démocrates, les socialistes substituent à l’évolution révolutionnaire la phrase révolutionnaire ». Les hommes de pensée et de science, Marx, Engels, Proudhon, étudient, observent, dans la retraite, dans l’isolement ”
Jules Claretie,
Histoire de la révolution de 1870-1871
(1872-1875)
“ De l'ordre partout, du calme partout, du dévouement partout ! Et rappelez-vous que vous devenez chargés, je vous l'ai déjà dit, de la police de Paris pendant ces jours de crise. Préparez-vous à souffrir avec constance. — A cette condition vous vaincrez. Général TROCHU. N° 3. LES SOCIALISTES FRANÇAIS au peuple allemand, à la démocratie allemande socialiste. Tu ne fais la guerre qu'à l'empereur, et point à la nation française, a dit et répété ton gouvernement. L'homme qui a déchaîné cette lutte fratricide, qui n'a pas su mourir, et que tu tiens entre te mains, n'existe pas pour nous. ”
Léon Tolstoï,
Guerre et révolution : la fin d'un monde
(1906)
“ Le fait que la majorité des révolutionnaires pose comme idéal le système socialiste, ne pouvant être réalisé que par la tyrannie la plus absolue, montre simplement chez eux l'absence de tout nouvel idéal ; car si un jour on réalisait leurs désiderata, les hommes perdraient jusqu'aux derniers vestiges de la liberté. En effet, l'idéal de notre temps ne saurait être la simple modification des formes de la violence, mais leur complète disparition, qui sera atteinte par l'insoumission à la puissance publique. ”
Jean Jaurès,
Histoire socialiste de la France contemporaine
“ Politique de démocratie et politique de classe, voilà les deux termes nullement contradictoires entre lesquels se meut la force prolétarienne, et que l’histoire confondra un jour dans l’unité de la démocratie sociale. robespierre amené blessé dans l’antisalle du comité de salut publicLe 28 Juillet 1794, ou 10 Thermidor, An 2me de la République. (D’après une estampe du Musée Carnavalet.) Ainsi le socialisme se rattache à la Révolution sans s’y enchaîner. Et c’est pourquoi nous avons suivi d’un esprit libre et d’un cœur fervent les héroïques efforts de la démocratie révolutionnaire. ”
Auguste Béchaux, Les Revendications ouvrières en France… (1894)
“ Mais, dans tous les cas, il importe de mettre en première ligne le but révolutionnaire du mouvement socialiste, qui poursuit la transformation intégrale de la société actuelle, au point de vue économique, moral et politique. ”
Augustin Corsin, Une Vie bien remplie
“ Telles sont les grandes lignes du socialisme. Les heurts qui se produisent au sein du parti dirigeant, qui ne sait plus comment se diriger, et est contraint de s’appuyer sur les partis réactionnaires pour gouverner, font pressentir une révolution sociale peut-être plus prochaine qu’on le pourrait croire. ”
Daniel Zolla, Études d'économie rurale (1896)
“ Nous sommes donc amené à constater une fois de plus l'impuissance absolue, et la détestable stérilité de la révolution que propose le socialisme contemporain comme un remède souverain à toutes les misères. ”
James Guillaume,
L’Internationale, documents et souvenirs
“ Il s’est trouvé dans le second groupe, à côté de la grande majorité des modérés, une petite fraction d’hommes réellement révolutionnaires. Seulement, ils conçoivent la révolution autrement que nous : autant notre socialisme est an-archiste et populaire, autant le leur est autoritaire et doctrinaire. ”
Émile Saisset, Revue des Deux Mondes
“ Si j’ai réussi à indiquer les causes réelles, sérieuses, profondes, qui ont fait naître et vivre le socialisme, on ne s’étonnera plus qu’il ait pris dans ces dernières années de si formidables accroissemens. Plus d’un esprit éclairé, qui ne veut voir que le côté violent et brutal de ces utopies, croit en expliquer assez l’apparition par ce bouillonnement universel qui accompagne toute grande révolution, religieuse ou politique. ”
Fernand Desportes, La Politique impériale et la Révolution… (1871)
“ Le socialisme, fin dernière de la révolution, c'est bien, n'est-ce pas, la ruine pour vous, la ruine pour tous ; c'est la barbarie emportant une fois encore la civilisation ? Eh bien ! si le socialisme s'est développé, s'il s'est répandu, s'il est devenu ce que vous voyez, c'est par la grâce de l'Empire. ”
Jean Jaurès,
Histoire socialiste de la France contemporaine
(1901-1908)
“ À chaque crise de la Révolution, et quel que soit le sentiment du peuple, c’est un dictateur, c’est un tribun militaire que propose Marat pour exécuter les traîtres. Certes, il entend jusqu’au fond de son souterrain les rumeurs de la foule, les cris de la souffrance, les chuchotements même de la trahison, et il y répond par des appels perçants et de terribles paroles. Parfois, en un cri de pitié irritée et sublime, il touche jusqu’au fond l’âme du peuple et y laisse une émotion ineffaçable. ”
Émile Saisset, Revue des Deux Mondes
“ Et dans ces derniers temps, quand le socialisme, sortant des profondeurs obscures où il s’agitait, a paru au grand jour et a étalé l’audace de ses théories, qui a combattu l’ennemi ? qui dans la presse, à la tribune, a opposé l’antidote au poison ? qui a rappelé les principes éternels sur lesquels repose la société, rétabli le travail, la propriété, la famille, les devoirs de l’état, les droits de l’individu sur leurs bases éternelles ? Ce sont des économistes, des philosophes, des hommes politiques, tous enfans et amis de la révolution française. ”
La Révolution dans l'armée française… (1849)
“ À l'époque dont je parle, le socialisme formait un des grands courants de l'opinion publique; on le discutait partout, dans les salons, sur les places, dans les chaumières, et ses adversaires les plus ardents se paraient de ses couleurs pour mieux tromper les masses et trahir la Révolution. ”
Jean Jaurès,
Histoire socialiste de la France contemporaine
(1901-1908)
“ Terrible alternative de la Révolution qui était obligée, tantôt comme au 14 juillet et au 10 août, de se sauver par le soulèvement spontané de la force populaire, tantôt de la contenir et de la refouler par la discipline de la loi ! Sans l’admirable préparation économique et intellectuelle qui la rendait invincible, elle eût disparu dix fois dans ces nécessités contradictoires. ”
Louis-Auguste Mouret, Démocratie et socialisme : quelques réflexions aux électeurs de la Haute-Loire à l'occasion de ces… (1849)
“ Faites-vous socialistes, comme le sont tous les hommes de progrès sans préjugés ou sans haine contre la révolution. La base de votre socialisme sera la conséquence immédiate du droit de vivre, c'est-à-dire le travail et le fruit du travail, la propriété. ”
Anonyme, Revue des Deux Mondes
“ Tous les docteurs du socialisme et du communisme parlent en prophètes et en révélateurs. Ils se font dieux et ils proclament leurs lois supérieures à toute conscience et à toute liberté. « Nous reconnaissons les principes du communisme au-dessus des majorités factieuses et oppressives. » Ailleurs, dans un manifeste du parti socialiste, nous lisons : « La république est au-dessus du droit des majorités. » Pauvre suffrage universel et pauvre souveraineté du peuple ! ”
Jean Jaurès,
Histoire socialiste de la France contemporaine
(1901-1908)
“ Mais de quel point de vue sublime la Révolution regarde maintenant le monde ! C’est elle qui est au pur sommet neigeux des Alpes. C’est à elle que la vierge lumière des glaciers fait une auréole. C’est elle qui apparaît aux hommes comme une candide et ardente clarté. C’est elle qui compte de haut les multitudes morcelées et esclaves et qui, dominant les horizons à demi voilés de l’Italie et de l’Allemagne « appelle les nations encore à naître ». ”
James Guillaume,
L’Internationale, documents et souvenirs
“ Espérons que les socialistes français en profiteront pour organiser leurs forces de manière à pouvoir, au jour de la lutte, opposer au coup d’État bonapartiste les barricades de la Révolution sociale. ”
Jean Jaurès,
Histoire socialiste de la France contemporaine
“ Laissaient-ils la vie au roi ? ils risquaient de tourner un jour contre eux la colère peut-être aveugle du peuple exaspéré. Livraient-ils le roi à l’échafaud ? ils s’offraient eux-mêmes aux haines profondes de la contre-révolution, aux poignards des royalistes fanatiques, aux terribles représailles de l’Église, à la fureur de tous les rois compliquée de l’indignation brutale des peuples trompés, aux poignards d’aujourd’hui, aux vengeances de demain, aux calomnies éternelles. Pour tous l’obscur avenir avait des menaces diverses mais égales. ”
Emelʹân Mihajlovič Âroslavskij, Histoire du parti communiste de l'U.R.S.S.… (1931)
“ Il fallut les efforts héroïques des masses travailleuses, leur infini dévouement à la cause du socialisme, la fermeté inébranlable de leur chef collectif, le Parti communiste, pour venir à bout de la résistance des ennemis, maintenir le pouvoir conquis, consolider les premiers succès dans la voie conduisant au socialisme, assurer la possibilité de l'édification socialiste. ”
Jean Jaurès,
Histoire socialiste de la France contemporaine
(1901-1908)
“ Ainsi la cruauté froide des hommes polis s’ajouterait, pour écraser toute vie révolutionnaire, à la fureur des brutes armées. Paris, lève-toi donc ! Révolution, défends-toi ! ”
Émile Saisset, Revue des Deux Mondes
“ Et quand il sera visible, non par des mots sonores et de vaines promesses, mais par des gages sérieux, que l’objet fondamental du gouvernement comme de toute la société, c’est l’amélioration physique et morale des classes populaires, elles aimeront cette société, et la voix des sophistes et des agitateurs perdra beaucoup de son influence. La révolution française, en centuplant et au-delà le nombre de propriétaires du sol, a créé d’avance au socialisme des millions de robustes adversaires. ”
Gaspard Blanc, L'empire et la France nouvelle… (1872)
“ Pour les socialistes, faire une révolution en 4 870, après 89, 92, 4830 et 1848, après tant de manifestations diverses de la pensée de notre époque, dans les livres, dans les faits, dans les discours et les propos d'un si grand nombre, dans les agitations répétées des masses, au milieu dès aspirations économiques de notre société, cela signifiait affranchissement moral et matériel du peuple ouvrier , établissement d'un nouvel équilibre dans les rapports entre le travail et le capital. ”
