Antoine Mathivet 

Élements biographiques

Antoine Mathivet ,  Revue des Deux Mondes

“ Jamais un Hindou ne tue un serpent. Le coin de la pagode ou de la maison, le nid de fourmis ou le bosquet où la bête rampante a fixé sa retraite devient un lieu de culte et de pèlerinage où l’on apporte du lait, du beurre clarifié, des grains de riz, et devant lequel on prononce les formules sacrées, des mantrams remplis de déférence et de respect. Les femmes stériles et celles qui n’ont point d’enfant mâle, épouses déshéritées qui sont l’objet d’une pitié voisine du mépris, vont se prosterner près du nid du serpent avec leurs offrandes, et elles attendent qu’il se montre à leurs yeux. ”
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Antoine Mathivet ,  Revue des Deux Mondes

“ A chaque pas, dans l’Inde, au nord comme au sud, on rencontre la bête venimeuse. Il n’y a pas moins de quatre-vingts espèces de serpens. La plus redoutée, celle qui jouit des honneurs de la divinité et dont la représentation se voit partout, en granit, en bronze, en bois, c’est le serpent à lunettes, le cobra-capello, qui montre sur sa nuque élargie et gonflée, quand il est irrité, deux cercles jaunâtres d’une parfaite symétrie. Les pieds de Vichnou reposent sur le cobra-capello, qui supporte le monde. ”
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Antoine Mathivet ,  Revue des Deux Mondes

“ Et voilà pourquoi, ce jour-là, à l’heure choisie par le vieux Ramanouja, les femmes de Mangalam, dans les pannelles neuves, bariolées de safran et d’ocre, mettaient du riz et un peu de lait. On veillait attentivement autour du feu, et lorsque le riz commençait à bouillir, les enfans s’écriaient joyeusement : « Pongol! Pongol ! » Dans chaque pannelle on prenait une poignée de riz et on l’offrait à Indra; on brisait des noix de coco, on brûlait du camphre, et l’on se prosternait.
Le repas vient ensuite, celui des hommes d’abord.
”
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