Félix Naquet

Élements biographiques

Félix Naquet Haute école : poésies (1886)

Dans l'alambic il fait tenir Ambre et sardoine ; A l'émeraude il sait unir La calcédoine.
S'il a besoin du chalumeau Il prend un cierge; Il étire en riche rameau Un fil d'or vierge.
Il prend les plumes du phénix, Il prend l'albâtre, La nacre, l'écaillé, l'onyx Blanc et rougeâtre,
Il prend des nuages pétris De jour et d'ombre, Des fleurs aux corsets verts et gris, Au collier sombre.
Quand il se penche pour souffler Sur le mélange, Il voit la Sainte se voiler Et rougir l'Ange.
Il fait le plus beau des bijoux, Un corps de femme, Et ce divin joyau, c'est vous, C'est toi, Madame.
Source : Gallica

Félix Naquet Haute école : poésies (1886)

C'est Dieu qui composa l'ouvrage ; Les hommes en sont les acteurs ; Messe, opéra, drame, mirage, Dont les anges sont spectateurs.
Un Trône occupe chaque stalle, Exhalant les baumes du bain ; Au coin de l'orchestre s'installe, La chaîne au col, un Chérubin.
Les archanges sont aux pupitres ; Ils tiennent le luth et le cor, Vêtus d'azur, et, sous leurs mitres, Ruissellent leurs perruques d'or.
Nul esprit pur ne fut capable De souffler le drame pompeux; Dieu prit le maudit, le coupable : Passe-toi du mal, si tu peux !
Source : Gallica

Félix Naquet Haute école : poésies (1886)

Tout ce qui brille nous enivre, Notre arsenal est un trésor; Aux lances de fer ou de cuivre Nous préférons les lances d'or.
Nous sommes fines et cruelles; Nous pleurons, nous aimons le sang; -Nos mains sont moites, sensuelles, Notre cœur triste, languissant.
L'Amour est chez nous une fille, Une froide sirène en deuil, Et qui boit dans une coquille La morne ivresse de l'orgueil.
Dans le ciel de saphir, de soufre, Nous voyons la robe de feu D'un Dieu femme qui pleure et souffre, Sombre Reine, suprême Dieu.
Source : Gallica

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