Henri-Léon-Marie-Joseph Libermann

Élements biographiques

Henri-Léon-Marie-Joseph Libermann Ce qu'a vu un officier de chasseurs à pied… (1916)

Les faisceaux fornés, les hommes au repos, les lieutenants Mazurier et Pouillon rejoignent le capitaine qui arpente pensif le front de son unité.
- Voici le moment solennel, mes enfants, dit-il brusquement. Comme moi, vous devez comprendre toute la gravité, ressentir l'émotion, mais aussi la fierté de l'heure présente. Nous venons de quitter nos familles. Pour beaucoup d'entre nous peut-être, pour quelques-uns certainement, les reverrons-nous jamais? Une nouvelle vie commence; maintenant, c'est le sacrifice quotidien qui s'impose; qu'importe, puisque la France nous appelle.
Source : Gallica

Henri-Léon-Marie-Joseph Libermann Ce qu'a vu un officier de chasseurs à pied… (1916)

La seconde vague dégringole à toutes jambes Pouillon en avant.
Les Allemands l'attendent et leur première décharge fauche la ligne, atteint plusieurs hommes.
Pouillon court toujours, les yeux perdus dans le vague, fait des crochets, zigzague.
En vain, Mazurier l'appelle : « Par ici ! par ici ! »
Il semble complètement perdu.
Enfin, les chasseurs se sont jetés à leur tour au remblai.
Quand la troisième vague tente d'avancer, elle subit un tel feu qu'il faut reculer, renoncer à passer
en toute hâte, les hommes défilent vers Reims, cherchent à gagner les premières maisons.
Source : Gallica

Henri-Léon-Marie-Joseph Libermann Ce qu'a vu un officier de chasseurs à pied… (1916)

On n'attaquera probablement que demain matin. Ne sera-t-il pas trop tard?
Mazurier s'est habillé en hâte; il court à son peloton, vérifie l'état de l'armement, le rôle, les ordres donnés aux sentinelles. Il contourne le cantonnement.
- Sur la route des Vieux-Moulins, une population misérable, affolée, se presse, se bouscule. Les traits tirés, la face hâve, les yeux brûlés de fièvre, des femmes portent leurs enfants dans leurs bras; des petits, dont la course suit avec peine le pas rapide de leurs mères, des vieillards chenus qui s'appuient sur leurs bâtons, fuient devant l'invasion.
Source : Gallica

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